Pub: la campagne "La nuit est rose" de Moët et Chandon épinglée par la justice

PARIS (AFP) — Après avoir été relaxé en première instance, Moët Hennessy, qui produit le champagne Moët et Chandon, a été condamné en appel pour publicité illicite en faveur de l'alcool, pour sa campagne "La nuit est rose" lancée en février 2006, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

La 13e chambre correctionnelle de la cour d'appel de Paris a jugé, dans un arrêt rendu mercredi, que la campagne qui avait été menée par le groupe de vins et spiritueux de la maison de luxe française LVMH était bien illégale.

Cette campagne représentait, sur fond noir, une bouteille de champagne rosé entourée d'un pétillement de pétales de roses, accompagnée du slogan "La nuit est rose".

En complément de cette campagne, les brasseries Flo avaient lancé une opération promotionnelle utilisant le même visuel et promettant une remise de 20 euros sur l'addition en cas d'achat d'une bouteille de Moët et Chandon.

L'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) avait alors déposé plainte. Mais en septembre 2006, le tribunal de première instance l'avait déboutée, relaxant Moët Hennessy, l'agence de communication et les médias qui avaient relayé la campagne.

Mercredi, la cour d'appel a infirmé cette décision et condamné l'ensemble des prévenus à payer un total de 30.000 euros de dommages et intérêts à l'ANPAA.

Dans son arrêt, la cour a estimé que le slogan "La nuit est rose" faisait "sortir cette publicité du cadre des mentions autorisées", en ayant "pour effet de créer une association d'idées entre la consommation de ce champagne rosé et le fait de voir la vie en rose, ce qui dans le langage commun signifie avoir une approche euphorique de la vie".

La cour relève "que c'est précisément pour éviter, dans un but de santé publique, de tels amalgames mettant en jeu la subjectivité, que le législateur a voulu limiter la portée des références symboliques qui sont le propre de l'art publicitaire, pour n'autoriser que les références les plus objectives possibles".

La cour a également jugé que l'opération promotionnelle lancée par les brasseries Flo constituait bien "un parrainage", qui lui-même représentait une publicité illicite en faveur de l'alcool.

Dans un communiqué, l'ANPAA se réjouit de cet arrêt, précisant que "contrairement à ce que prétendent les producteurs, la loi Evin est sans ambiguïté et c'est pour ne pas vouloir la comprendre et l'accepter qu'ils encourent des poursuites".

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