PARIS (AFP) — La trentaine de grévistes sans-papiers qui occupent depuis mardi le restaurant "Bistro Romain" des Champs-Elysées à Paris étaient toujours présents à l'intérieur de l'établissement dimanche, a-t-on appris auprès de ces employés.
"La direction nous dit: +Si vous sortez, vous ne rentrez plus+, ce qui signifierait la fin de la grève. C'est une attitude très décevante", a expliqué à l'AFP Djimo Souaré, un des grévistes du restaurant.
Une première vague de grève de salariés sans-papiers exigeant leur régularisation avait débuté le 15 avril en Ile-de-France et, devant la lenteur des régularisations promises, une deuxième vague, a commencé mardi, à l'instigation de la CGT et de l'associaiton Droits Devant!
"Mardi, vers 17 heures, la direction a fermé les portes du restaurant, ne laissant plus sortir la trentaine d'employés qui se trouvaient alors à l'intérieur", a précisé à l'AFP Christophe Cosmano, délégué syndical central CGT de "Bistro Romain".
Alors que la direction de l'établissement se refusait depuis samedi à tout commentaire, Bistro Romain a publié un communiqué dans la soirée de dimanche indiquant qu'une "procédure pour diffamation est en cours contre les informations totalement erronées diffusées par certains représentants de la CGT".
"Par mesure de sécurité", l'établissement, face à une "occupation illégale, a été fermé au public", indique le texte. "Les personnes en place, dont une partie n'appartient pas à l'effectif de l'entreprise, ont été invitées à quitter les lieux". Ces personnes "refusent toujours de s'exécuter à cette heure, sur les instructions des responsables de la CGT", poursuit-il.
Des représentants de la CGT avait affirmé samedi que les grévistes étaient "enfermés" dans l'établissement.
"Dès la prise de connaissance de la situation réelle de certains des salariés du Bistro Romain, l'entreprise s'est mobilisée pour présenter, avec le soutien du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire et des services compétents, les demandes de régularisation", ajoute Bistro Romain. La chaîne de restauration "espère un dénouement positif rapide, afin de permettre à ses salariés sérieux et compétents d'avoir l'opportunité de progresser dans l'un des derniers secteurs d'activité créateurs d'emplois, capable d'assurer un vrai rôle d'ascenseur social et d'intégration".
La préfecture de police de Paris, interrogée dimanche par l'AFP, a déclaré "ne pas avoir été sollicitée", parlant d'un "conflit entre employeurs et employés".
"A l'intérieur, la situation commence à être très difficile", a assuré M. Souaré. "Nous n'avons pas changé de vêtements depuis cinq jours, nous dormons par terre avec les lumières allumées, et la direction nous réveille à 2 heures du matin pour nous lire des communiqués. Ils essaient de nous faire craquer".
Des huissiers et des membres de la direction sont présents en permanence dans le restaurant.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
