Sanctions UEFA/Atletico: le chef de la diplomatie espagnole est intervenu

MADRID (AFP) — Le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, est intervenu auprès du président de l'UEFA, le Français Michel Platini, pour faire lever une sanction frappant l'Atletico Madrid, selon le quotidien Marca de samedi.

L'UEFA avait suspendu mardi pour deux matches de Ligue des Champions le terrain de l'Atletico suite à des incidents lors d'un match contre L'Olympique de Marseille, mais a ensuite annulé provisoirement cette sanction, pour autoriser le match contre Liverpool mercredi au stade Vicente Calderon.

M. Moratinos a déclaré à Marca qu'il s'était "mis en contact" avec M. Platini à la demande du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero et qu'il avait "parlé avec lui d'une manière claire, le dialogue fut intense, mais respectueux".

"Ni la police, ni le public, ni les autorités de l'Atletico ne se sont comportés de manière illégale" comme l'a affirmé l'UEFA pour justifier les sanctions, suite a une plainte de l'OM, a précisé M. Moratinos.

L'instance européenne a accusé la police espagnole d'avoir agi de façon "disproportionnée" pour réprimer des supporteurs marseillais au Calderon, dénoncé des cris racistes dans le stade et affirmé que l'entraîneur du club Javier Aguirre, également sanctionné, avait injurié un jouer de l'OM.

L'Atletico a rejeté en bloc ces allégations et fait appel des sanctions qualifiées "d'injustes", tandis que le gouvernement et les médias espagnols se sont mobilisés pour défendre le club colchonero, rejetant la responsabilité de l'affaire sur les supporteurs violents du club phocéen.

Dans une interview diffusée vendredi soir par la chaîne de télevision espagnole la Sexta, le président de l'OM, Pape Diouf, a maintenu ses accusations et dénoncé "la mauvaise foi des Espagnols et de l'Atletico", selon Marca.

"Si l'UEFA a agi avec tant de rapidité et de sévérité, c'est que (..) les faits sont accablants", a ajouté M. Diouf, toujours selon Marca, dénonçant le maintien en prison à Madrid d'un supporteur de l'OM, incarcéré après les incidents du 1er octobre.

"Nous pouvons toujours pardonner, mais nous n'oublierons pas", a précisé le président de l'OM, exprimant l'espoir que, pour le match retour en décembre à Marseille, "cette histoire sera terminée, le détenu sera libéré et que l'Atletico aura reconnu ses erreurs".

Le supporteur de l'OM en détention provisoire, Santos Mirasierra, est accusé "d'agression" et de "violence envers des représentants des forces de l'ordre" au début du match du 1er octobre.

L'OM et le groupe des supporteurs "Ultras" auquel il appartient réclament sa libération. Le juge madrilène chargé de l'affaire n'a pas indiqué quand il prendrait une décision de mise en liberté ou de maintien en détention.

Carte