Euro de basket: la France éliminée par la Russie en quarts de finale

MADRID (AFP) — Après 2003 et 2005, la France a encore laissé échapper un match à sa portée dans un Eurobasket en s'inclinant (75-71) en quarts de finale face à la Russie qui a profité du hara-kiri des Bleus sur la ligne des lancers francs.

L'Espagne et la Russie ont été les deux premières équipes à se qualifier pour les demi-finales en battant respectivement l'Allemagne (83-55) et la France.

Vendredi, les deux derniers quarts de finale opposeront la Grèce à la Slovénie et la Lituanie à la Croatie.

Comme prévu, le champion du monde espagnol, avec 17 points de Calderon, n'a fait qu'une bouchée de l'Allemagne et s'annonce plus que jamais comme le grand favori du tournoi. Ce serait son premier titre de champion d'Europe.

La Russie s'est elle qualifié pour sa première demi-finale dans une compétition internationale depuis neuf ans et sa médaille d'argent au Mondial-1998.

L'air de l'Espagne lui réussit visiblement puisque la dernière fois que la Russie figurait dans le dernier carré d'un Championnat d'Europe était à l'Euro-1997 à... Barcelone.

Jeudi, malgré un Kirilenko étouffé (6 pts à 2 sur 11 aux tirs), elle a profité de la faillite de la France qui a raté sept de ses dix derniers lancers francs.

Pour les Français et les Allemands, le tournoi n'est cependant pas encore fini puisqu'ils viseront à partir de samedi une place dans les sept premiers, synonyme de qualification pour le tournoi pré-olympique de juillet prochain.

Pour se qualifier directement pour les JO de Pékin, il aurait fallu qu'ils aillent au moins sur le podium voire jusqu'en finale dans le cas d'un improbable fiasco espagnol.

Comment espérer gagner un match en ratant 11 lancers francs sur 20 dont 7 sur 10 dans le dernier quart-temps? La réponse est dans la question et renvoie la France a ses vieux cauchemars, ses défaites face à la Lituanie et l'Italie à l'Euro-2003 et celle contre la Grèce en demi-finales de l'Euro-2005 à Belgrade.

Après la noyade de Stockholm et le crève-coeur de Belgrade, les Bleus ont ajouté un nouveau chapitre à leur livre des désillusions qui nourrira les conversations pendant quelques hivers encore.

Car ce nouveau psychodrame constitue, autant par la forme que le fond, une énorme déception. D'abord parce que les Bleus nourrissaient de fortes ambitions sur cet Euro avec le podium comme objectif minimal. Puis parce que l'élimination dès les quarts de finale constitue une nette régression par rapport aux dernières années où ils ont été deux fois demi-finalistes européens et cinquièmes du Championnat du monde en 2006.

Samedi, elle rencontrera le perdant du quart de finale entre la Croatie et la Lituanie pour un match sans doute encore plus important que celui de jeudi.

Cela ne rend pas la défaite face aux Russes moins cruelle. Car ce qui est peut-être le plus rageant dans l'histoire c'est que la France avait tout pour gagner ce match.

Elle avait en effet trouvé plusieurs des clés de la rencontre, parvenant notamment à museler complètement la star russe Andreï Kirilenko (6 pts à 2 sur 11 aux tirs!).

Dans l'ensemble, c'est elle qui a dominé, maîtrisant le rebond (37 à 25) et trouvant, en première période surtout, un liant offensif encore inédit dans ce tournoi (9 passes, 6 sur 12 à trois points à la pause).

Si les lancers francs de la fin de match resteront évidemment le plus grand regret, la France peut également déplorer de ne pas avoir capitalisé sur cette puissance offensive pour faire le trou en première période.

Surtout lorsqu'elle a pris six (40-34, 18e), puis sept (46-39, 21e) points d'avance mais sans réussir à capitaliser dessus par manque de concentration essentiellement.

La partie s'est ensuite tendue comme un arc et les deux équipes se sont engagées dans un chassé-croisé jusqu'au bout, aucune équipe ne comptant plus jamais plus de quatre points d'avance.

Au coude-à-coude jusqu'au bout (69-69 à 23 secondes de la fin), les deux équipes se dirigeaient fatalement vers un dénouement au lancers francs, qui sont pour le basket ce que les séances de penalties sont au football.

Un exercice qui visiblement ne convient pas à la France et qui met en doute sa capacité à décrocher enfin, dans les années qui viennent, son premier titre sur la scène continentale.