Betancourt: espoirs et mobilisation en France avant la venue d'Hugo Chavez

PARIS (AFP) — Affichant leur optimisme, les comités de soutien à l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt et sa famille se mobilisent à l'occasion de la visite à Paris mardi du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a fait naître des espoirs de libération prochaine des otages en Colombie.

M. Chavez, qui négocie dans la plus grande discrétion avec les différents protagonistes en Colombie, a affirmé cette semaine que la guérilla faisait "tout son possible" pour lui permettre d'apporter une preuve de vie d'Ingrid Betancourt à son homologue français Nicolas Sarkozy, qui a fait de sa libération l'une de ses priorités.

Les comités de soutien organisent dimanche à Paris une marche et un concert en présence de Mélanie et Lorenzo Delloye, les enfants de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne et de plusieurs personnalités dont le maire de Paris Bertrand Delanoë. Des grands noms de la chanson française sont annoncés, comme Renaud, Julien Clerc ou Carla Bruni.

"Nous entrons dans une phase sans précédent" dans les discussions visant à trouver un "accord humanitaire" entre les autorités colombiennes et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), assure Lorenzo Delloye.

La guérilla marxiste qui mène une rébellion en Colombie depuis 1964 demande notamment l'échange de quelque 45 otages -dont Ingrid Betancourt, enlevée en 2002, et trois Américains- contre 500 rebelles emprisonnés.

Hugo Chavez, à la tête d'une médiation internationale sur la Colombie, a entamé des discussions avec des chefs de la guérilla qui pourraient déboucher sur une rencontre cruciale avec le numéro un des Farc Manuel Marulanda. "La rencontre récente entre Chavez et les Farc marque une réelle avancée. D'un autre côté, on peut peut-être commencer à compter sur l'aide des Etats-Unis" qui ont une grande influence sur le président colombien Alvaro Uribe pour le pousser à négocier avec la guérilla, estime Lorenzo Delloye.

"Mais ce qu'il nous faut maintenant c'est une preuve de vie directe, une vidéo", ajoute-t-il. Ce serait la première depuis une cassette vidéo datant d'août 2003.

Les comités de soutien veulent aussi croire à un "dénouement proche" pour les otages et disent espérer avoir accès à des extraits d'une vidéo récente d'Ingrid Betancourt, qui aura 46 ans le 25 décembre, d'ici à la journée de mobilisation de dimanche. "Nous sommes à un tournant très important. On n'a jamais été aussi proche d'un accord. On estime qu'on est dans la dernière ligne droite", estime Olivier Roubi de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib).

"La situation actuelle est sans précédent. On veut croire à un dénouement prochain et que les otages pourront passer Noël en famille", renchérit Hervé Marro du comité de soutien Ingrid Betancourt. Toutefois, les proches des otages et les comités de soutien veulent rester prudents.

"Il faut rester très prudent car à n'importe quel moment il peut y avoir un coup d'éclat du président colombien Uribe comme par le passé. Il peut y avoir aussi un attentat comme le 19 octobre l'année dernière" à Bogota, à la suite duquel Alvaro Uribe avait décidé de suspendre les discussions avec les Farc, relève Olivier Roubi.

Plus de 3.100 personnes sont retenues en otages en Colombie notamment aux mains des Farc (17.000 hommes), de la guérilla marxiste de l'ELN (Armée de libération nationale), ou des groupes paramilitaires d'extrême droite.