NEW YORK (AFP) — L'équipe de base-ball des New York Yankees tape dimanche ses dernières balles dans le stade éponyme, enceinte sportive mythique qui a aussi reçu la visite de Muhammad Ali, de Nelson Mandela et de trois papes en 85 ans d'existence.
Maracana, Wembley, Camp Nou... Il y a quelques stades dans le monde qui font rêver les fans de sport: le Yankee Stadium en fait partie.
Même si l'équipe-hôte joue au base-ball, un sport loin d'être universel, l'enceinte bâtie dans le quartier du Bronx en 1923 est un monument à New York, au même titre que l'Empire State Building ou la statue de la Liberté.
Mais dimanche une page se tourne.
Dans les prochaines semaines, les bulldozers remplaceront les joueurs à la tenue blanche rayée de bleu pour faire naître en avril 2009 à quelques hectomètres un descendant: une enceinte de 1,3 milliard de dollars quasiment identique mais plus adaptée aux exigences du sport professionnel moderne, plus de boutiques, un hôtel de luxe, des loges aux tarifs élevés pour sociétés désireuses de satisfaire leurs clients...
En huit décennies, la "Cathédrale" a écrit son histoire à coups d'exploits sportifs ou de visites mémorables.
Côté sport, ce sont évidemment les joueurs de base-ball qui ont hanté le site, faisant du logo "NY", les deux lettres blanches entremêlées, l'un des plus fameux dans le monde.
Le premier fut Babe Ruth, une figure emblématique de la batte, auteur d'un match extraordinaire (3 home-runs) le jour de l'inauguration en 1923. Dans son sillage, les Yankees remporteront 26 titres et bien des vedettes brilleront.
Le football américain a aussi compté quelques exploits sous les yeux des 55.000 spectateurs.
La boxe a également eu sa part. L'Afro-Américain Joe Louis a eu le dessus sur l'Allemand Max Schmeling en 1938 dans un combat aux relents nazis.
La légende Muhammad Ali a été le dernier vainqueur sur un ring dans ce lieu en 1976 face à Ken Norton.
Quand les sportifs ont laissé la place, le pape Paul VI, le premier à se rendre aux Etats-Unis, a donné une messe en 1965 devant plus de 80.000 personnes.
En 1979, Jean Paul II y est venu avant une ultime visite papale de Benoît XVI et de sa "papamobile" en avril dernier.
Le Sud-Africain Nelson Mandela a lui aussi rempli ce stade en 1990.
Et si une majorité risque de verser une petite larme dimanche après le dernier lancer des Yankees contre Baltimore, certains sages refusent la nostalgie.
"La commercialisation à outrance (du nouveau stade) ne me gêne pas. Une fois qu'on est dans le stade et que le match commence on oublie le reste", affirme Gene Corcoran, 75 ans et fidèle depuis six décennies.
Les responsables du Yankee Stadium ont encore un voeu: que les fans ne pillent pas le lieu-culte.
"C'est un moment historique pour le Yankee Stadium et nous demandons à tous les fans de partager ce moment avec respect", ne cesse de répéter l'annonceur du stade, tentant de dissuader ceux qui voudraient emmener quelques souvenirs.
Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés. Plus »
