JERUSALEM, 15 mars 2008 (AFP) — Israël doit prochainement démanteler des colonies sauvages en Cisjordanie conformément à ses engagements pris envers les Etats-Unis, a affirmé samedi le numéro deux du cabinet israélien Haim Ramon.
"A mon grand regret, nous nous abstenons de faire ce que nous aurions du faire depuis longtemps au sujet des colonies sauvages, et nous devons agir au plus vite. Il faudra prendre des décisions d'ici une semaine ou deux", a déclaré M. Ramon à la radio publique israélienne.
"Les décisions sont difficiles, mais nous devrons démanteler ces colonies, ou tout au moins certaines d'entre elles, car cette affaire gêne nos relations avec les Etats-Unis et tout ce qui porte atteinte à ces relations nuit à la sécurité nationale d'Israël", a-t-il ajouté.
M. Ramon a précisé que "le Premier ministre (Ehud Olmert) et le ministre de la Défense (Ehud Barak) sont en charge du dossier (...) Des efforts sont en cours avec les responsables des colons pour des arrangements leur permettant d'évacuer de leur plein gré ces implantations sauvages".
M. Barak a récemment indiqué avoir conclu des arrangements pour le départ négocié de 18 de ces avant-postes établis sans le feu vert des autorités israéliennes.
En janvier, MM. Olmert et Barak, ont par ailleurs décidé l'évacuation d'ici août de Migron, la principale colonie sauvage en Cisjordanie, qui compte plusieurs maisons en dur et des dizaines de mobile homes, ainsi qu'une synagogue, un bain rituel, un jardin d'enfants et des serres.
Selon le mouvement israélien anti-colonisation La Paix Maintenant, il y a en tout une centaine de colonies sauvages en Cisjordanie.
L'ex Premier ministre israélien Ariel Sharon s'était engagé auprès des Etats-Unis à démanteler 56 de ces avant-postes créés après son arrivée au pouvoir en mars 2001, sans tenir parole.
Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies dans les territoires occupés depuis juin 1967 sont illégales, qu'elles aient ou non obtenu le feu vert des autorités israéliennes.
En outre, la +feuille de route+, un plan international de paix lancé en 2003 et resté lettre morte, prévoit notamment la fin des violences et le gel de la colonisation israélienne.
S'exprimant devant des journalistes à Ramallah (Cisjordanie), le chef des néociateurs palestiniens, Ahmed Qoreï, a appelé samedi "l'Amérique et le Quartette (USA, UE, Russie, ONU) à stopper les activités de colonisation".
"Si Israël continue de construire dans les colonies et d'oeuvrer à leur extension, nous en conclurerons qu'il veut détruire le processus de paix", a-t-il ajouté.
M. Olmert s'est attiré de nombreuses condamnations internationales en autorisant la semaine dernière la construction de centaines de logements à Givat Zeev, une implantation située à la périphérie nord de Jérusalem, en Cisjordanie.
Après la conférence internationale d'Annapolis (Etats-Unis) en novembre, Israël et les Palestiniens relevant du président modéré Mahmoud Abbas ont engagé des négociations intensives sur les questions clefs du conflit.
Ces questions portent sur le tracé des frontières, le statut permanent de Jérusalem, le sort des colonies et celui des réfugiés palestiniens.
Les deux parties sont sensées conclure un accord de paix cette année, qui doit préluder à la création d'un Etat palestinien indépendant.
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