Prostitution africaine: Paris veut lancer une "action concertée"

PARIS (AFP) — La ministre de l'Intérieur française Michèle Alliot-Marie a annoncé jeudi que la présidence par la France de l'Union européenne (pour six mois à partir du 1er juillet) entendait "lancer une action concertée" contre la prostitution et l'exploitation sexuelles des femmes africaines.

Intervenant à l'issue de la première des deux journées d'un séminaire international consacré à ce sujet qui se tient à Paris à l'initiative de son ministère, Mme Alliot-Marie a fait part de sa "détermination" à renforcer l'action dans ce domaine.

"La présidence française (...) sera l'occasion de lancer une action concertée pour combattre ce fléau", a-t-elle assuré. A cet égard, elle "encouragera l'adoption d'accords bilatéraux renforcés entre pays d'Europe et pays d'Afrique".

Selon elle, l'action "ne peut se mener qu'au niveau international" pour être efficace et "développer notre capacité de prévenir, d'empêcher" le développement des réseaux.

De même, elle veut une "approche plus harmonisée de la prostitution et du proxénétisme" entre les Etats membres de l'Union, et "recourir à tous les instruments de (leur) coopération".

"Je souhaite que soit étendu le recours aux équipes communes d'enquête judiciaire ainsi qu'au mandat d'arrêt européen", a-t-elle souligné, alors que, selon la directrice centrale de la police judiciaire française Martine Monteil, "plus de 60.000 jeunes femmes d'Afrique sont recensées, mais en fait, il y en a plus de 100.000 dans nos pays", prostituées par les réseaux de proxénètes.

Si cet état "repose sur le cynisme des trafiquants qui s'enrichissent sur la détresse des individus", a noté la ministre, c'est aussi "sur le désespoir de jeunes femmes migrantes, (...) dans leur recherche d'une vie meilleure", a-t-elle relevé.

Aussi a-t-elle appelé à "définir ensemble les voies d'un développement économique et social plus harmonieux et plus protecteur" pour lutter contre "les inégalités entre le Nord et le Sud".