TOURS (AFP) — Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a affirmé jeudi que la question de la commercialisation en France des semences OGM n'était "pas tranchée", après l'annonce par Le Monde de la préparation par le gouvernement d'un "gel" de cette commercialisation.
"La question n'est pas tranchée", a assuré M. Barnier devant le congrès des céréaliers et des producteurs d'oléagineux réuni à Tours. Il a ajouté qu'une loi sur les OGM serait présentée au Parlement, sans préciser de date.
La décision sur la commercialisation des semences OGM sera prise par le président Nicolas Sarkozy après le Grenelle de l'Environnement, prévu fin octobre, a précisé à l'AFP M. Barnier.
Selon Le Monde daté de vendredi, le gouvernement prépare "un gel de la commercialisation des semences OGM" jusqu'à l'adoption d'une nouvelle loi. Le quotidien précise que le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo "l'a confié à un groupe de parlementaires de la majorité qu'il a reçu lundi 17 septembre".
M. Barnier n'a pas souhaité prononcer le discours prévu à l'origine, alors que l'information du Monde avait suscité de vives réactions parmi les congressistes.
Il a assuré que "ceux qui cultivent des OGM respectent la loi". En 2007, 22.000 hectares de maïs OGM, soit quatre fois plus qu'en 2006, sont cultivés dans l'Hexagone, essentiellement dans le Sud-Ouest, respectant la réglementation française, transcription de directives européennes.
Répondant aux critiques des dirigeants agricoles regrettant le nouveau report de procès contre des "Faucheurs Volontaires", dont José Bové, l'ancien ministre de l'Environnement a assuré que la justice était "indépendante".
Interrogés, le ministère et le Secrétariat d'Etat à l'Ecologie n'ont pas souhaité commenter l'information du Monde, alors que la dernière réunion du groupe de travail du Grenelle sur les organismes génétiquement modifiés se tient vendredi.
Xavier Beulin, le premier vice-président de la FNSEA, le principal syndicat agricole, a annoncé, lors d'une conférence de presse, que son organisation "ne siégerait pas à cette réunion", au vu des propos prêtés à M. Borloo.
"S'il n'y a pas de démenti formel du gouvernement, nous nous poserons la question de la suite de notre participation au Grenelle de l'Environnement", a ajouté M. Beulin, par ailleurs président de la Fédération des oléagineux et des protéagineux.
"Trop c'est trop. Le contenu est rompu. Nous nous étions engagés avec confiance dans le Grenelle de l'Environnement. La confiance n'est plus possible", a affirmé Philippe Pinta, président de l'association générale des producteurs de blé.
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