BOSTON (AFP) — Les produits provenant d'animaux clonés ne seront pas mis au menu dans des délais prévisibles car leurs coûts resteront exorbitants encore longtemps, se sont accordés à dire jeudi des experts.
"Je ne crois pas qu'il soit réaliste de penser que les aliments provenant de bétail cloné seront disponibles en Amérique comme en Europe durant le cours de notre vie, simplement parce que le coût pour produire un clone destiné à la production alimentaire est trop élevé (13.500 dollars en moyenne) et le restera longtemps", a affirmé Patrick Cunningham, professeur de génétique animale à l'Université de Dublin (Irlande).
"Même avec une amélioration attendue des technologies émergentes, je ne vois pas le clonage d'animal progresser au point où il serait compétitif avec les moyens de reproduction actuelle", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse en marge de la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) qui s'ouvre jeudi à Boston (Massachusetts, nord est).
Mark Walton, PDG de ViaGen, une des quelques sociétés de clonage animal aux Etats-Unis a expliqué pour sa part que "le clonage était en fait la dernière technologie de reproduction pour l'élevage, la plus avancée, car la seule permettant à un éleveur de reproduire la copie exacte d'un animal" ayant des qualités exceptionnelles.
Quant aux descendants d'un animal cloné, toutes les études de risques faites aux Etats-Unis comme en Europe montrent "qu'il est difficile de trouver une raison sanitaire pour ne pas les consommer", a souligné M. Walton.
La FDA, l'agence américaine de réglementation des produits alimentaires et des pharmaceutiques tout comme son homogue européenne, a autorisé en janvier la commercialisation des produits provenant d'animaux clonés et de leur progéniture après plusieurs années d'analyses et d'études.
Selon Mark Walton le clonage devrait accélérer l'amélioration génétique du cheptel pour, par exemple, faire naître des bovins ou des porcs ayant un besoin réduit d'aliments pour produire un kilogramme de protéine.
L'effet serait aussi favorable pour l'environnement en requerrant moins d'eau pour l'élevage. "Cette technologie a ainsi un effet positif direct pour le consommateur", a-t-il ajouté.
Patrick Cunningham s'est dit "moins optimiste" sur le potentiel du clonage pour faire passer à la vitesse supérieure l'amélioration génétique du cheptel se traduisant par une plus grande efficacité de la production et une qualité plus élevée de la viande et des laitages produits.
Les techniques actuelles comme l'insémination artificielle ou le transfert d'embryon permettent aisément de reproduire la progéniture d'animaux ayant des qualités génétiques exceptionnelles et "je ne vois pas ce que le clonage pourrait faire de plus", selon lui.
En revanche, le clonage pourrait représenter un grand potentiel en étant couplé avec les technologies de modification génétique qui évoluent très vite, a expliqué M. Cunningham.
"Ceci est à l'horizon (...) mais porte aussi le débat à un autre niveau", a-t-il jugé, notant la polémique passionnée en Europe sur le maïs transgénique.
Aux Etats-Unis il n'est pas en principe illégal dans l'état actuel de la législation de commercialiser un animal transgénique et sa viande.
Mais Patrick Cunningham relève qu'il faudra "de nombreuses années" avant de voir du bétail transgénique sur le marché.
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