Alpinisme: la cordée Dumarest/Clouet forfait dans le Massif des Ecrins

PARIS (AFP) — Les deux alpinistes français Christophe Dumarest et Aymeric Clouet, qui avaient entrepris vendredi une course inédite de l'extrême dans le Massif alpin des Ecrins (Isère et Hautes-Alpes), ont déclaré forfait lundi en raison de conditions météorologiques "hautement dangereuses", ont-ils indiqué à l'AFP.

Dumarest, 28 ans, originaire d'Annecy, et Clouet, Grenoblois de 30 ans, alpinistes chevronnés, entendaient enchaîner en autonomie et par leurs faces nord (les plus périlleuses) les géants de l'Oisans: La Meije (3.983m), La Roche Méane (3.712m), La Roche d'Alvau (3.537m), Le Dôme des Ecrins (4.015m), Ailefroide (3.954m), Les Bans (3.670m), Le Pic Bonvoisin (3.481m) et Le Sirac (3.441m).

"Dès notre départ de La grave (Isère), nous avons trouvé une montagne très hostile, avec une énorme couche de neige fraîche et extrêmement instable, a raconté Christophe Dumarest. Dès le matin, les températures étaient estivales et nous avons assisté au départ d'avalanches astronomiques coulant jusque dans la vallée..."

Les deux hommes, en prenant tous les risques, sont tout de même parvenus à gravir La Meije par sa face ouest. Mais, a ajouté Dumarest, "les conditions empirant, nous avions le choix de continuer et de nous jeter dans la gueule du loup ou d'interrompre notre tentative".

Pour la première fois de leur carrière, Dumarest et Clouet, familiers des plus hauts sommets du monde dans l'Himalaya et la Cordillère des Andes, ont eu recours au PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne).

"Il nous restait, pour rejoindre un refuge, à traverser sur une centaine de mètres une pente à 30° recouverte par un manteau de neige fraîche, épais de 2 à 3 mètres. On y va, on n'y va pas? La neige était dangereusement lisible et les risques énormes. C'est toujours la montagne qui décide en dernière instance. Notre expérience nous a dicté la plus élémentaire prudence. La mort dans l'âme, nous avons accepté l'offre des gendarmes (appelés par téléphone) de venir nous tirer de ce mauvais pas par hélicoptère", a ajouté Christophe Dumarest.

Mais la cordée Dumarest/Clouet entend bien remettre les crampons, peut-être au mois de juin ou en automne, pour tenter à nouveau cet enchaînement des huit sommets en autonomie, jamais réalisé dans le Massif des Ecrins.