PARIS (AFP) — Pressés de questions sur les rumeurs d'une séparation des époux Sarkozy, les députés, de gauche comme de droite, affichaient mercredi dans les couloirs de l'Assemblée une grande prudence ou de l'embarras, beaucoup préférant garder le silence.
"Ouh là là, vous ne croyez quand même que je vais m'aventurer sur ce terrain-là. Je ne suis pas fou", s'est excusé un député UMP interrogé sur le sujet.
"Franchement, non, là, je n'ai à rien dire", renchérissait un autre, assurant n'être "pas du tout" au courant des affirmations des sites internet du Nouvel Observateur (les époux Sarkozy "ont matérialisé leur séparation lundi") ou de LCI ("Cécilia Sarkozy s'est rendue, sans son époux, lundi matin au tribunal de Nanterre").
Des publications sur lesquelles le porte-parole de l'Elysée David Martinon a déclaré n'avoir "aucun commentaire" à faire. Idem pour celui du gouvernement Laurent Wauquiez.
Même le villepiniste François Goulard, d'ordinaire peu avare de petites phrases, se tenait coi : "Pour ce qui est de la vie privée, je ne ferai aucun commentaire d'aucune sorte. C'est une affaire de famille, ce n'est pas celle des élus".
Happés par micros et caméras, certains députés n'ont toutefois pas réussi à esquiver, même s'ils ne se sont pas départis d'une certaine prudence.
"Les rumeurs, j'en ai été assez victime pour ne pas m'y prêter", a lancé la sarkozyste Nadine Morano.
Passant d'un groupe de journalistes à un autre, le député de Seine-et-Marne Yves Jego, également porte-parole de l'UMP, répétait : "Pas plus la vie privée du chef de l'Etat que celle de qui que ce soit d'autre ne fera l'objet de commentaire de la part de l'UMP. Il serait indigne que les hommes politiques se mettent à commenter la vie privée de tel ou tel".
A gauche aussi, on mettait en avant le droit à la vie privée ou le désintérêt des Français pour cette question.
"Je ne commente les agissements de ce couple que lorsque Mme Sarkozy, par exemple, est chargée d'une mission comme celle en Libye. Le privé, laissons-le là où il est", a estimé Noël Mamère (Verts).
"Ce n'est pas la préoccupation majeure de nos compatriotes", assurait le socialiste Claude Bartolone.
Certains ne manquaient toutefois pas de souligner que le président Nicolas Sarkozy avait lui-même médiatisé son couple.
"Il a essayé d'américaniser la vie politique en mettant en scène sa propre vie conjugale; aujourd'hui peut-être que le boomerang lui revient en pleine figure", a déclaré M. Mamère.
"La confusion des genres se retourne contre ceux qui l'ont initiée", a renchéri Jean-Marie Le Guen (PS). "Mais ce n'est pas moi qui franchirai ce Rubicon. Si d'autres l'ont franchi et si le président de la République, à certaines occasions, l'a franchi, c'est maintenant qu'il devra s'en expliquer", a ajouté le député de Paris.
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