TOULOUSE (AFP) — Une instance de dialogue entre pro et anti-ours, le Groupe pyrénéen ours, a été installée jeudi à Toulouse par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, alors que des opposants manifestaient contre la réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées.
"Aujourd'hui, j'installe le lieu du dialogue et de la concertation", s'est félicitée la secrétaire d'Etat. Elle a souhaité "dépasser la crispation, la cristallisation et le blocage" régnant depuis un an sur ce dossier.
Les 49 membres du Groupe (élus, chasseurs, éleveurs, agriculteurs, bergers, professions du tourisme...) étaient réunis dans les bâtiments de la préfecture.
A quelques dizaines de mètres, les opposants, au nombre d'une cinquantaine, ont manifesté et déployé une banderole "ni ours, ni indemnisations: les Pyrénées vivantes et tranquilles".
Les anti-ours ont agité des clochettes et sifflé les participants lors de leur entrée dans la préfecture, a constaté un journaliste de l'AFP.
Devant la presse, Mme Kosciusko-Morizet a indiqué que l'un des quatre rapports demandés aux experts du Groupe préconisait "une éventuelle réintroduction de femelles dans le Béarn", où ne se trouvent que des mâles.
"C'est une des propositions soumises à la discussion et au débat", a prudemment expliqué Mme Kosciusko-Morizet, qui pense qu'une décision pourrait intervenir "à la fin de l'automne".
En 2006, cinq ours slovènes avaient été réintroduits (dont deux femelles, Palouma et Franska, tuées accidentellement depuis) dans les Pyrénées, provoquant la colère et des manifestations de nombreux élus locaux et éleveurs.
La population d'ours dans les Pyrénées est estimée entre 8 et 20 individus, répartis sur l'Ariège, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Aude et le versant espagnol.
Mme Kosciusko-Morizet a indiqué que l'un des rapports du Groupe préconisait la redéfinition de trois zones pour les ours: "les zones de présence préférentielles, où l'on doit essayer de les fidéliser", éventuellement par le nourrissage, "les zones de tolérance, de passage, situées alentour" et "près des villages et des villes, les zones où il faut effaroucher l'ours s'il s'y aventure".
Elle s'est prononcée contre le principe de réserves, "qui appellent l'idée de zoo, de parc, de grillage". "Les parcs à ours, ça n'existe pas, ça ne fonctionne pas", a-t-elle dit.
"Nous nous opposerons à toutes les introductions qui pourraient être décidées", a affirmé Augustin Bonrepaux, président PS du conseil général de l'Ariège, venu manifester avec les anti-ours.
Philippe Lacube, président de l'Association pour le développement durable de l'identité pyrénéenne (Addip), a dénoncé la composition du Groupe, "qui ne comporte qu'un agriculteur et n'a aucune représentativité".
"Tout reste très vague, très flou. Je n'attends rien de ce ministère de l'Environnement", a-t-il affirmé, tandis que le député MoDem des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle a dénoncé "l'attitude jacobine" de Paris et "les diktats imposés" face "au danger" de l'ours.
"Tous les gens qui manifestent aujourd'hui étaient invités", a regretté la secrétaire d'Etat. "Ma porte reste ouverte. Je vois les inquiétudes de certains face à ce qu'ils croient être un +plan tout fait+. Mais il n'y a pas de piège, c'est une démarche ouverte", a-t-elle souligné.
Le Groupe pyrénéen ours doit se réunir à nouveau en septembre.
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