Accord droite-gauche pour la gestion de la communauté urbaine de Marseille

MARSEILLE (AFP) — Un accord a été scellé vendredi entre l'UMP et le PS pour faire fonctionner la communauté urbaine de Marseille mais sans résoudre des divergences majeures, comme le dossier de l'incinérateur de Fos.

Depuis les municipales de mars, le fonctionnement de Marseille Provence Métropole (MPM), troisième communauté urbaine du pays derrière Lyon et Lille et chargée de grands dossiers comme les transports ou la gestion des déchets, était bloqué, avec l'élection-surprise le 17 avril du socialiste Eugène Caselli à sa tête alors que la droite y est majoritaire.

Le candidat malheureux de l'UMP, l'ex-premier adjoint de Marseille, Renaud Muselier, aura la première vice-présidence aux termes de cet accord qui ouvre la voie à une première réunion plénière le 31 mai, a précisé M. Caselli à la presse. M. Caselli s'exprimait au terme d'une réunion des élus qui étaient convenus la semaine dernière d'enterrer la hache de guerre.

Outre "un texte commun fondateur d'une nouvelle mandature" qu'il n'a pas communiqué, l'accord porte sur la répartition des 33 vice-présidences - 16 iront à la droite, 15 à la gauche et 2 aux indépendants, avec en sus la voix du président PS - ainsi que des 27 délégations, a ajouté le premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, se disant "très satisfait".

L'économie, l'emploi ou les transports seront dévolus à la droite. La gauche aura notamment l'aménagement du territoire ou le nettoiement et la gestion des déchets, y compris l'incinérateur en construction à Fos-sur-Mer pour les ordures de Marseille qui révulse les écologistes et symbolise la défiance des petites communes contre l'emprise de cette grande ville pauvre.

L'incinérateur "fera l'objet d'un audit indépendant qui devra évaluer l'évolution du projet, au regard notamment des aspects environnementaux, techniques, juridiques et financiers", prévoit, après compromis, le texte commun lu par M. Muselier.

La liste des noms de ceux qui se verront attribuer les délégations et les présidences des 11 commissions sera précisée d'ici la plénière.

"On a débloqué l'institution", a commenté M. Muselier. Le groupe qu'il préside rassemble dix maires sur 18 et 77 élus sur 157.

"Comme à Bordeaux (où la gauche est majoritaire d'une courte tête à la communauté urbaine NDLR) le premier vice-président est le représentant de la ville-mère", a souligné M. Muselier. Il n'a pas voulu préciser s'il prendrait en charge une délégation à l'instar d'Alain Juppé qui détient celle du grand projet de ville.

Les particularismes de Marseille ont pesé sur l'accord, en particulier les déchirements à droite sur fond de bataille pour la succession du sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin, absent vendredi - "en vacances", selon M. Muselier - et représenté par son premier adjoint Roland Blum.

"J'ai refusé la première vice-présidence que me proposait M. Caselli pour préserver l'unité de notre groupe et permettre à la communauté de pouvoir fonctionner", a déclaré à la presse l'UMP Guy Tessier.

Dans l'accord, qui englobe la répartition des postes dans les organismes associés à MPM, M. Tessier obtient la présidence d'Euroméditerranée - le plus gros chantier de rénovation urbaine en Europe.

Mais la gauche contrôlera les deux postes d'administrateurs de MPM au conseil d'administration d'Euroméditerranée et en aura ainsi le contrôle, a souligné M. Muselier, ex-président de MPM.