Les universités de Strasbourg fusionnent pour créer la 1ère université de province

STRASBOURG (AFP) — Les trois universités de Strasbourg ont décidé de fusionner pour donner naissance le 1er janvier 2009 à la plus grande université de province en France, l'objectif étant une plus grande visibilité sur la scène européenne.

Mardi soir, les membres des conseils des universités des trois établissements ont adopté le projet de fusion. Le vote à huis clos en faveur du projet de création de la future Université de Strasbourg (UdS) a recueilli une majorité écrasante de "oui".

L'adoption de ce texte "constitue l'étape fondatrice de la création de l'Université de Strasbourg", souligne un communiqué publié à l'issue de la séance plénière qui rassemblait 400 universitaires des trois établissements.

La prochaine étape sera, à l'automne, la formation d'une "assemblée constituante" de l'UdS, formée des conseils d'administration des trois établissements actuels qui en adoptera les statuts. La naissance officielle de la nouvelle université est attendue le 1er janvier 2009.

L'UdS deviendra alors la plus grande de province en France. Elle comptera quelque 43.000 étudiants et 4.000 à 5.000 enseignants, chercheurs et personnels administratifs (IATOS).

D'autres projets de fusion tels qu'à Marseille donneront naissance à des universités uniques de plus grande taille mais ils sont nettement moins avancés que Strasbourg.

Un des buts recherchés dans cette fusion est d'unifier les calendriers d'examens et les modes d'évaluation, mais aussi de lui assurer une meilleure visibilité, plus de cohérence et une attractivité internationale accrue.

L'offre de formation sera très large, avec une cinquantaine de licences et une soixantaine de masters.

Les trois universités de Strasbourg sont Marc-Bloch (UMB, langues, sciences humaines) qui compte 9.500 étudiants, Louis Pasteur (ULP, sciences, économie, médecine), 18.500 étudiants, et Robert Schuman (URS, droits, sciences politiques et IUT), 12.500 étudiants.

"Nous sommes les premiers en France à rassembler ainsi nos forces pour une refondation. Nous pensons donner un exemple à d'autres universités", a souligné Brigitte Got, responsable de la communication de l'URS.

"Au coeur de l'Europe, héritière d'une grande tradition née de l'humanisme du 16e siècle, cette nouvelle Université de Strasbourg offrira des formations et des recherches pluridisciplinaires qui, en raison de leur concentration et de leurs synergies en un même lieu, seront d'une diversité et d'une richesse uniques en France", souligne le site Internet du projet de fusion (demain.unistra.fr).

"Cette université, par son potentiel humain, intellectuel et scientifique, sera en mesure de relever les défis actuels et, par sa capacité à innover, d'être l'un des pôles majeurs de la vie universitaire européenne", ajoute-t-il.

L'idée de cette fusion suit son chemin depuis déjà une dizaine d'années. Des groupes de travail avaient été mis en place pendant l'été 2006 pour préparer le projet. En mai 2007, les neuf conseils des trois universités avaient déjà voté à une forte majorité (plus de 80%) en faveur du projet.

L'UdS aura au premier niveau une présidence unique, au 2e niveau entre huit et dix "collèges" regroupant les 41 Unités de formation et de recherche (UFR) actuelles et au 3e niveau les UFR elles-mêmes.