PARIS (AFP) — Examinée mercredi en Conseil des ministres, la loi de programmation militaire 2009-2014 prévoit "185 milliards d'euros de dépenses" et 54.000 suppressions d'emplois, le ministre de la Défense Hervé Morin se voulant "confiant" sur son application malgré la crise.
Dans le droit fil du Livre blanc présenté en juin, la loi de programmation définit "une politique nouvelle, globale, complète", a déclaré mercredi Nicolas Sarkozy.
"Grande innovation", selon l'Elysée: la création d'un Conseil de défense et de sécurité nationale qui réunit pour la première fois sécurité intérieure et extérieure.
La loi de programmation "est l'expression de la volonté du chef de l'Etat et du gouvernement de maintenir la France dans le rang des quatre ou cinq puissances militaires globales", a déclaré M. Morin en présentant, lors d'une conférence de presse, ce texte qui succède au document 2003-2008 voulu par Jacques Chirac.
Sur six ans, "185 milliards d'euros" seront consacrés à la Défense, dont "101 pour équiper les armées", a souligné le ministre.
Les dépenses globales seront gelées en volume entre 2009 et 2011, avant une hausse du budget de "1% en volume sur les trois années suivantes".
Alors que la France subit les effets de la crise financière et économique, le ministre s'est voulu optimiste sur la réalisation de ces objectifs: "Cette trajectoire financière est compatible avec la situation de nos finances publiques et les perspectives de croissance des prochains mois".
"J'ai confiance", a-t-il clamé, se référant aux engagements du chef de l'Etat.
Il n'a toutefois pas exclu certains ajustements. "Si 2009 était aussi mauvaise que cela pour l'économie mondiale et pour l'économie française et qu'il fallait que le ministère de la Défense fasse un effort, ça ne me choquerait pas".
Autre élément fort du projet de loi: la suppression de 54.000 emplois d'ici à 2015, une restructuration drastique qui a fait grincer des dents parmi les militaires et inquiété nombre de collectivités locales.
S'y "ajouteront probablement des postes complémentaires" en fonction d'éventuelles décisions d'externalisations, a précisé M. Morin.
Dans le lourd contexte actuel, il n'a pas envisagé de renforcer un plan d'accompagnement social "déjà énorme", qui devrait être lancé début 2009.
Le ministère de la Défense a notamment signé des conventions avec "une vingtaine de grands groupes" pour reclasser les personnels. L'Etat s'est, en outre, engagé à "permettre la reconversion de 1.100 militaires par an dans la fonction publique".
L'"effort gigantesque d'adaptation" de la Défense - la masse salariale devant par exemple être "en 2014 inférieure, en euros courants, à celle de 2008" - "mérite d'être récompensé", a-t-il insisté, vantant son "plan d'amélioration de la condition des personnels".
La rémunération, selon les grades, "permettra à un militaire de gagner entre un-demi mois de salaire supplémentaire par an (...) à plus de deux mois et demi".
"Compte tenu de l'embouteillage parlementaire", a indiqué le ministre, le projet de loi "sera probablement discuté au début de l'année prochaine, probablement pas avant début février".
Alors que plusieurs députés s'étaient inquiétés du calendrier, il a estimé qu'avec la publication de la loi de programmation militaire, les parlementaires pourront se pencher avant la fin de l'année sur le budget des armées "en toute connaissance de cause".
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