A Montreuil, Fillon fustige "le discours de revanche de la gauche"

MONTREUI (AFP) — François Fillon a bouclé jeudi son tour de France de soutien à des candidats UMP dont l'élection aux municipales semble très mal engagée, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), où il s'en est pris au "discours de revanche de la gauche" qui "porte atteinte à la démocratie".

Revenant sur sa sortie de la veille à Rennes où il a dénoncé le "climat de quasi-guerre civile" instaurée, selon lui, par la gauche dans cette campagne, le Premier ministre a nié être "celui qui utilise des images fortes", renvoyant la responsabilité au camp adverse.

"Quand la gauche signe un appel à protéger la République contre les atteintes qui seraient portées par le gouvernement et par le président de la République (dans Marianne, ndlr), qui fait régner un climat qui n'est pas conforme à l'esprit de la société française?", a-t-il interrogé.

Face à l'"esprit de compromis" qui a prévalu, selon M. Fillon, par exemple lors du Grenelle de l'environnement, "nous avons une gauche dont le seul discours est un discours de revanche, qui vise simplement à dire non, à nier tous les changements".

"Le projet de la gauche, c'est la revanche. Ils ont perdu les élections présidentielles, il faut qu'ils gagnent les élections municipales comme si les élections municipales, c'était le troisième tour des élections présidentielles", a-t-il insisté.

"La démocratie ce n'est pas ça. C'est encore une atteinte à la démocratie", a ajouté le chef du gouvernement.

Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, a demandé jeudi à François Fillon de "retrouver son calme et de la mesure dans ses propos", après les déclarations du Premier ministreà Montreuil.

"Plutôt que d'utiliser un vocabulaire guerrier inapproprié, le gouvernement et le président de la République seraient plus avisés de répondre aux attentes clairement exprimées par les Français sur le pouvoir d'achat, les retraites et la santé", déclare le député européen dans un communiqué.

M. Fillon a égalementfait un passage de vingt minutes à la permanence de la candidate d'origine malienne Aminata Konaté, "symbole de la politique d'ouverture", de "la diversité que la gauche n'a jamais mise en oeuvre" et du "changement face au camp du conservatisme".

La jeune femme est opposée au maire sortant apparenté communiste Jean-Pierre Brard, soutenu officiellement par le PS, qui espère décrocher un cinquième mandat dans cette ville populaire et de plus en plus "bobo". "Naomi (Campbell) contre Peppone", s'est aventuré le député-maire du Raincy voisin, Eric Raoult (UMP).

François Fillon, invité par la candidate qui espère elle aussi "profiter de sa popularité", voit dans ce "bastion" de gauche "une forteresse qui se protège contre le changement".

"La démocratie, c'est l'alternance , c'est le changement, c'est le renouvellement des équipes", a-t-il répété, quitte à en faire les frais dans certaines municipalités aujourd'hui tenues par la droite.

Le Premier ministre a aussi tapé fort sur les Verts qui "ont mis un peu de pistes cyclables ici ou là" mais "n'ont en rien organisé la rupture" en matière écologique. Il faut dire qu'à Montreuil, la candidature de Dominique Voynet risque de peser lourd dans la balance.

La droite part également divisée avec une liste dissidente. Le Modem est également représenté.

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