Judo: Dafreville craque au pied du podium, Emane chute d'entrée

PEKIN (AFP) — La championne du monde Gévrise Emane (-70 kg) avait beaucoup d'ambitions mais elle a chuté d'entrée tandis que Matthieu Dafreville a manqué un podium que son parcours en qualification semblait lui promettre (-90 kg), dans le tournoi olympique de judo mercredi à Pékin.

Quatre ans après sa couronne à Athènes, la Japonaise Masae Ueno a conservé son bien. Chez les hommes, le Georgien Irakli Tsirekidze, 26 ans, champion du monde en titre, a été l'un des rares ténors à ne pas aller au tapis. Et a pu dédier son triomphe à son pays.

"Je pensais être bien dans le combat mais visiblement je ne l'étais pas", a expliqué Dafreville, battu en combat de classement par l'Egyption Hesham Mesbah. "Repartir sans médaille, ça me fait c...", a lancé le Réunionnais alors que ses parents et ses 5 frères et soeurs avaient fait le voyage en Chine pour le soutenir.

En Grèce, Zurab Zviadauri avait marqué les esprits avec sa victoire. Cette fois, c'est son compatriote Tsirekidze qui s'est imposé. A l'issue d'une finale bras de fer, le Géorgien, qui avait écarté le Russe Ivan Pershin en demi, a gagné devant l'Algérien Amar Benikhlef, le bourreau de Dafreville.

"Je me sens heureux et fier pour mon pays. Je prouve l'existence de mon pays dans le monde avec cet or", a dit Tsirekidze . "C'est un grand jour avec deux ors. Il a beaucoup de signification", a-t-il ajouté, parlant de la victoire de son compatriote Manuchar Kvirkelia en lutte gréco-romaine (-74 kg).

Benikhlef aurait mérité autre chose qu'une défaite sur une pénalité sévère (koka). "Je pouvais gagner", a-t-il estimé. Fier de lui, Benikhlef a constaté qu'en 2004 l'Algérie n'avait aucune médaille et cette année déjà deux.

L'Egyptien Hesham Mesbah, lui, a gagné le bronze, comme le Suisse Sergei Aschwanden. Et a laissé éclater son bonheur. "Je pense que c'était écrit que je décroche cette médaille. Je remercie d'abord Dieu", a-t-il lancé, regrettant une pénalité au premier combat face à Tsirekidze qui lui a coûté la finale.

Depuis son triomphe en Grèce, Ueno avait pris du recul. La vice-championne olympique néerlandaise d'Athènes, Edith Bosch, en avait profité pour s'emparer du titre mondial 2005. Elle termine troisième. Puis en 2007 c'est la Française Gévrise Emane qui a imprimé sa marque devant Ronda Rousey. L'Américaine est aussi en bronze.

Victorieuse de la coupe Kano fin décembre 2007 et championnat d'Asie 2008, Masae Ueno a donc repris les rênes. Et impressionné par la multiplicité de ces techniques et sa puissance qui lui ont permis, en finale de renverser la Cubaine Anaysi Hernandez en 46 secondes (kata guruma).

"J'ai gagné cette médaille d'or pour moi mais aussi pour ceux qui m'ont soutenue", a assuré Ueno, 29 ans, dont le combat le plus difficile a sûrement été celui contre Bosch. "C'était encore plus difficile de gagner qu'il y a quatre ans", a commenté la Néerlandaise. Et d'expliquer: "Je suis plus vieille".

Ses adversaires n'ont donc que peu existé. Voire pas du tout comme Emane qui a été éliminée aux pénalités par l'Espagnole Leire Iglesias. "Ca fait mal à la face", a avoué Emane. "J'étais bien. J'aurais du accélérer et mettre un peu plus de pression. Mais je ne l'ai pas fait", a-t-elle regretté.

Ueno a donné des couleurs au judo féminin nippon. Avec la Chinoise Xian Dongmei et ses compatriotes Ayumi Tanimoto et Masato Uchishiba, elle est aussi la quatrième, seulement, à conserver son titre, preuve que la discipline est en mouvement. S'il reste encore 16 médailles à distribuer jusqu'à vendredi, vingt-trois nations sont déjà montées sur le podium.