PARIS (AFP) — Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré a jugé dimanche qu'un conseiller de la présidence de la République devait être "quelqu'un qui ne s'exprime pas publiquement et ne cherche pas à exister médiatiquement".
"Je suis peut être un peu ringard mais pour moi un conseiller c'est quelqu'un qui ne s'exprime pas publiquement et ne cherche pas à exister médiatiquement", a dit M. Debré, interrogé sur Radio J sur l'omniprésence médiatique des conseillers de Nicolas Sarkozy.
"A voir un certain nombre de personnes prendre des engagements, on peut s'interroger si on n'est pas rentré dans un régime présidentiel, de type américain où le gouvernement n'est composé que de collaborateurs du président", s'est-il interrogé.
"Ce n'est pas notre tradition, ce n'est pas nos institutions", a-t-il ajouté en jugeant que c'était aux "gens qui ont un mandat électif de s'exprimer".
Estimant que le Premier ministre François Fillon "accomplit sa fonction comme il l'entend", M. Debré a par ailleurs jugé, concernant le temps de parole du président de la République et ses collaborateurs qu'il fallait ""mettre ce débat à l'Assemblée nationale".
Interrogé sur son propre devoir de réserve en tant que président du Conseil constitutionnel, M. Debré a estimé que s'il "n'a pas à se mêler de politique politicienne", le devoir de réserve "n'empêche pas que l'on explique les décisions" du conseil.
Puis la vie privée de Nicolas Sarkozy, qui s'est marié samedi avec l'ex top-model Carla Bruni, a jugé dimanche qu'"à partir du moment où vous avez reçu une mission du peuple, quelle que soit cette mission, il y a une certaine tenue à avoir".
"L'autorité de l'Etat et la légitimité conférée par le peuple supposent une certaine retenue et une certaine dignité dans la fonction", a dit M. Debré sur Radio-J, ajoutant qu'il ne "donnait de conseil à personne".
"A partir du moment où vous avez reçu une mission du peuple, quelle que soit cette mission, il y a une certaine tenue à avoir", a-t-il ajouté.
Selon lui, "il faut faire attention à ne pas désacraliser les fonctions officielles, quelles qu'elles soient, quel que soit le titulaire". "Il faut éviter toute dérive. Nos institutions confèrent un certain statut. Il ne faut pas abandonner ce statut", a estimé ce proche de l'ancien président Jacques Chirac. "La fonction présidentielle, la fonction de Premier ministre, de ministre suppose, requiert une certaine retenue", a-t-il répété.
Citant les cinq prédécesseurs de M. Sarkozy à l'Elysée, M. Debré a jugé que "aussi bien de Gaulle que Pompidou, Giscard, Mitterrand ou Chirac ont eu une certaine conception du rôle de président de la République. Cette conception était avec une certaine retenue"."Mais je ne porte pas de jugement", a-t-il dit, souhaitant "beaucoup de bonheur" au chef de l'Etat et à sa nouvelle épouse.
Le président Nicolas Sarkozy a épousé samedi à l'Elysée l'ex top-model Carla Bruni , marquant une nouvelle fois sa "rupture" avec ses prédécesseurs, et mettant fin aux rumeurs qui faisaient les délices de la presse people sur cette union.
"Madame Carla Bruni-Tedeschi et Monsieur Nicolas Sarkozy annoncent qu'ils se sont mariés ce matin en présence de leurs familles dans la plus stricte intimité", a indiqué l'Elysée dans un communiqué d'une phrase, après l'annonce du mariage par la presse puis le maire du 8ème arrondissement, François Lebel, qui a officialisé l'union.
Premier président à s'être marié en cours de mandat depuis Gaston Doumergue en 1931, premier aussi de la Vème République à épouser une star du show-biz, Nicolas Sarkozy, dont c'est le troisième mariage, a pour l'occasion, choisi la tradition et la plus grande discrétion. Il s'agit du troisième mariage du président, qui a été le premier divorcé élu à l'Elysée. Il a eu deux enfants de son premier mariage et un fils avec son ex-épouse Cécilia Ciganer-Albeniz, dont il a divorcé en octobre, après 11 ans d'un mariage passionnel.
M. Sarkozy s'était affiché depuis décembre en compagnie de l'ex-top model devenue chanteuse, l'emmenant par deux fois pour des vacances très médiatisées, en Egypte puis en Jordanie. Elle n'avait toutefois pas pu l'accompagner en visite officielle en Inde pour des raison de protocole, un obstacle que ce mariage va lever.
L'étalage de la vie privée du président, explique en partie selon les analystes la baisse sensible et continue, ces dernières semaines, de sa cote dans les sondages, sa popularité étant passée dans le négatif.
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