Litige frontalier Thaïlande-Cambodge: Bangkok se dit prêt à la confrontation

PHNOM PENH (AFP) — L'armée cambodgienne a affirmé mardi que les soldats thaïlandais présents dans une zone contestée à la frontière cambodgienne s'étaient retirés après un ultimatum, ce que les autorités thaïlandaises ont démenti tout en se déclarant "prêtes à une confrontation".

"Les troupes thaïlandaises ont accepté de se retirer de la zone d'Intry", a déclaré le général Neang Phat, secrétaire d'Etat auprès du ministère cambodgien de la Défense.

"Ils ont quitté la zone... Et ils ont regagné leurs quartiers à environ un kilomètre de distance", a déclaré par téléphone à l'AFP Yim Pim, un haut gradé cambodgien présent sur les lieux.

Mais les autorités de Bangkok ont réfuté tout repli en arguant de leur droit à demeurer sur cette portion de territoire située à proximité d'un temple sacré.

"Les 80 soldats resteront dans cette zone controversée, car la Thaïlande la surveille depuis 20 à 30 ans", a déclaré à des journalistes le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Sompong Amornviwat.

"Sur les 80 personnels, 20 sont affectés à des travaux de déminage et les autres assurent leur protection. La Thaïlande tient à insister sur le fait qu'elle n'a pas empiété sur un quelconque territoire", a-t-il ajouté.

"Les forces armées thaïlandaises ont réaffirmé que les trois armes --l'armée de terre, la marine et l'aviation -- sont prêtes à une confrontation dans cette région et sont confiantes dans leur capacité à garantir la souveraineté nationale", indique un communiqué officiel.

Plus tôt, le Premier ministre thaïlandais Somchai Wongsawat avait pourtant semblé privilégier une solution de compromis en faisant savoir que son pays n'était "pas opposé à un retrait, en vertu duquel chaque partie se replie pour éviter une confrontation".

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen avait posé un ultimatum en exigeant un retrait avant mardi 05H00 GMT.

Depuis trois mois, la tension est vive dans la région du temple khmer de Preah Vihear, inscrit en juillet au patrimoine mondial de l'Unesco.

Ce temple, situé sur un promontoire, relève de la souveraineté du Cambodge, selon une décision de la Cour internationale de justice de La Haye en 1962.

Mais une zone de 4,6 km2 en contrebas des ruines continue de faire l'objet d'un grave différend entre Bangkok et Phnom Penh. Les Thaïlandais contrôlent les principaux accès à Preah Vihear.

La frontière Cambodge-Thaïlande n'a pas été délimitée dans de nombreux secteurs.