DIMONA (AFP) — Un attentat suicide a frappé Israël lundi pour la première fois en un an, tuant à Dimona une Israélienne et entraînant la mort de deux kamikazes palestiniens originaires de Gaza.
L'attentat, revendiqué par un groupe armé issu du Fatah, s'est produit à 10H30 (08H30 GMT) dans un centre commercial de Dimona, une ville de 40.000 habitants située dans le désert du Néguev (sud d'Israël).
Le président de l'Etat d'Israël Shimon Peres a dénoncé" les terroristes abjects qui veulent assassiner des femmes et des enfants innocents et tuer dans l'oeuf toute chance de paix", dans un message à la municipalité de Dimona.
Devant la Knesset, évoquant "la guerre qui se déroule dans le sud", le Premier ministre Ehud Olmert a affirmé que le terrorisme serait "écrasé".
L'attentat a été revendiqué par les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa issues du mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas. Un responsable, Abou Al-Walid, a affirmé qu'il avait été mené conjointement avec deux autres groupes armés, par deux kamikazes originaires de Gaza.
Les Brigades sont constituées de dizaines de groupes armés disséminés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sous les ordres de chefs locaux, sans direction centrale.
Lors d'une conférence de presse à Gaza, un responsable masqué des Brigades d'Al-Aqsa a affirmé que les deux kamikazes étaient passés directement de la bande de Gaza en Israël sans transiter par le Sinaï égyptien, comme l'ont suggéré des médias israéliens.
Des centaines de milliers de Palestiniens se sont rendus ces derniers jours en territoire égyptien en provenance de Gaza à la faveur de la destruction partielle de la clôture frontalière par des islamistes, en réaction au blocus du territoire imposé par Israël.
De hauts responsables israéliens cités par la radio publique ont émis l'hypothèse que les deux kamikazes étaient passés par l'Egypte.
L'armée et la police israélienne avaient été placées en état d'alerte le long de la frontière égyptienne ces derniers jours, compte tenu du risque d'"infiltrations terroristes", selon les autorités.
"L'explosion a causé la mort d'une civile israélienne et fait 11 blessés, dont un dans un état critique", a déclaré Eli Bin, directeur-général du Magen David Adom, le service israélien de secours.
Les deux kamikazes sont morts: l'un a succombé en actionnant sa ceinture d'explosifs, l'autre a été tué par un officier de police d'une unité d'élite présent, selon le porte-parole du Magen David Adom.
La ceinture d'explosifs du second kamikaze n'a pas explosé et a été neutralisée par les démineurs de la police.
Ce kamikaze se cachait à l'intérieur du centre commercial lorsqu'il a été blessé par l'explosion déclenchée par son complice. Il a été débusqué par le policier qui l'a abattu de cinq balles avant qu'il ne parvienne à actionner la charge, selon des témoins.
L'Autorité palestinienne a condamné l'attentat "qui a visé des civils", dénonçant par la même occasion une opération de l'armée israélienne à Qabatiya, en Cisjordanie, au cours de laquelle deux activistes du Jihad islamique ont été tués lundi matin.
Quelques heures après l'attentat, Amer Al-Qarmout, un des chefs des Comités de la Résistance populaire, un groupe armé palestinien, a également été tué dans un raid aérien israélien dans le nord de la bande de Gaza.
Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a qualifié d'"acte héroïque" l'attentat suicide, affirmant qu'il constituait "une réponse naturelle aux crimes de l'occupation".
"Nous appelons les groups armés à poursuivre sur la même voie", a notamment déclaré à l'AFP le porte-parole du mouvement islamiste Sami Abou Zouhri.
Dimona est une ville pauvre près de laquelle a été construit dans les années 1960, avec l'assistance technique de la France, un réacteur nucléaire.
Le dernier attentat suicide remontait à janvier 2007 lorsqu'un kamikaze s'était fait sauter dans une boulangerie d'Eilat, station balnéaire du sud d'Israël, tuant trois Israéliens.
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