La France n'a "pas pris part" à la libération d'Ingrid Betancourt, annonce l'Elysée

PARIS (AFP) — La France n'a "pas pris part" à l'opération qui a permis mercredi soir la libération de l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt après plus de six ans de captivité, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant.

"Dans cette opération précise, les Français n'ont pas pris part", a dit sur France 3 M. Guéant, saluant "une très belle opération" de l'armée colombienne.

Toutefois, "nous n'avons pas été surpris, dans la mesure où +l'idée de manoeuvre+, comme disent les militaires, était connue et nous avait été communiquée par les autorités colombiennes voici déjà plusieurs mois", a-t-il affirmé.

"Il est vrai que nous ne l'attendions pas à ce moment-là", a reconnu ce proche du président Nicolas Sarkozy. "Ce dénouement, nous l'avons appris un quart d'heure avant que les dépêches de presse colombiennes ne commencent à émettre les informations".

Le ministre de la Défense Juan Manuel Santos a déclaré jeudi à Bogota que l'opération qui a abouti à la libération sans effusion de sang de 15 otages de la guérilla des Farc, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, a été "à 100% colombienne".

"La France n'est pas opposée à une opération de ce genre. Le président Sarkozy avait dit clairement au président (colombien Alvaro) Uribe qu'il ne souhaitait pas une opération à force ouverte qui mette en cause la vie des otages", a expliqué M. Guéant.

"Or, l'instruction formelle qui avait été donnée hier (mercredi) soir aux forces colombiennes, c'était d'intervenir sans risquer la vie des otages. L'instruction a été respectée. Aucun coup de feu n'a été tiré", a-t-il souligné.

L'option militaire "était une des options", "mais nous avions plusieurs fers au feu", a-t-il indiqué.

"Nous avions plusieurs filières, une qui est connue, une autre plus confidentielle de contact avec les Farc. Toutes ces filières étaient en train de progresser", a ajouté le secrétaire général de l'Elysée.