STRASBOURG (AFP) — Le multirécidiviste alsacien Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", condamné en 2007 à la réclusion à perpétuité, est suspecté d'avoir tué et horriblement mutilé une jeune fille en 1975 en Allemagne, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Bodein, surnommé "Pierrot le fou", a été interrogé jeudi en prison sur cette affaire par des policiers allemands, mais "l'audition n'a rien donné de significatif", a indiqué le parquet de Strasbourg à l'AFP.
Selon le quotidien Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Bodein est soupçonné d'avoir tué une jeune fille et d'avoir abandonné son cadavre dans un ruisseau, avec d'importantes mutilations au niveau du bas-ventre et du sexe. C'est la similitude de ce meurtre avec trois autres commis par Bodein pendant l'été 2004 en Alsace qui aurait éveillé l'attention des enquêteurs allemands, selon le journal.
Pierre Bodein, 61 ans, a été condamné en juillet 2007 par la cour d'assises du Bas-Rhin à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 30 ans incompressible pour trois meurtres d'une violence extrême, deux viols et deux tentatives d'enlèvements. Il a interjeté appel et comparaîtra le 3 septembre devant la cour d'assises d'appel de Colmar.
En première instance, les 16 co-accusés de Pierre Bodein, appartenant à plusieurs clans de vanniers (gens du voyage sédentarisés), dont certains mineurs, ont été acquittés.
Pierre Bodein a quant à lui été reconnu coupable d'avoir tué Jeanne-Marie, 10 ans, Julie, 14 ans et Hedwige Vallée, 38 ans, en juin 2004, trois mois après sa sortie de prison. Les corps avaient été retrouvés dans des rivières, partiellement dénudés et horriblement mutilés dans la région du bas-ventre.
Bodein, qui a passé plus de temps en prison ou en hôpital psychiatrique qu'en liberté, avait été rapidement interpellé, confondu par des témoignages et par des empreintes génétiques des victimes retrouvées dans sa voiture ainsi que sur des couteaux lui appartenant. Il a cependant constamment nié les faits qu'on lui reproche.
Son avocat, Me Renaud Bettcher, s'est étonné de l'ouverture d'une enquête "33 ans après les faits". "A supposer qu'on ait gardé des scellés de cette époque, il y a fort à parier qu'ils soient endommagés et inexploitables", a-t-il déclaré à l'AFP.
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