Rwanda: l'opposition en exil salue l'arrestation de Rose Kabuye

NAIROBI (AFP) — Une plateforme de partis d'opposition rwandais en exil a salué lundi comme "une bonne chose" l'arrestation la veille en Allemagne de la directrice du protocole présidentiel rwandais, Rose Kabuye, en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la France.

"C'est une bonne chose. Nous avons toujours demandé qu'il y ait une justice équitable par rapport aux événements de 1994 au Rwanda", a déclaré Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), jointe par téléphone aux Pays-Bas depuis Nairobi.

"Ca donne l'espoir au peuple rwandais qu'une justice équitable, base de la réconciliation effective du peuple rwandais, est possible", a-t-elle ajouté.

"Cela devrait interpeller le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) qui n'a encore lancé aucun mandat d'arrêt contre un membre du FPR (Front patriotique rwandais, ex-rébellion actuellement au pouvoir à Kigali), alors qu'il possède des preuves accablantes de l'implication du FPR", a-t-elle poursuivi.

Les FDU rassemblent trois formations politiques en exil, dont la plus importante est le Rassemblement républicain pour la démocratie au Rwanda (RDR) créé en 1995.

Rose Kabuye, une proche du président rwandais Paul Kagame, a été arrêtée dimanche à l'aéroport de Francfort (Allemagne) sur la base d'un mandat d'arrêt européen émis par la France, une arrestation qualifiée d'"abusive" par Kigali.

Elle est l'un des neuf responsables rwandais, proches du président Kagame, recherchés par la justice française pour leur participation présumée à l'attentat contre l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana, en avril 1994.

Cet attentat avait déclenché le génocide rwandais contre les Tutsis et les Hutus modérés, qui a fait environ 800.000 morts selon l'ONU.

En décembre 2006, Amnesty International s'était dite "gravement préoccupée par l'échec du TPIR et des autorités rwandaises à enquêter et juger les crimes commis par toutes les parties au Rwanda entre 1990 et 1994".

Selon Amnesty, "on estime à environ 60.000 le nombre de civils tués par les forces du FPR entre avril et juillet 1994".

La prise du pouvoir à Kigali par la rébellion majoritairement tutsie du FPR avait mis fin au génocide.

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