Régimes spéciaux: fin de la grève, retour à un trafic normal à la SNCF et à la RATP

PARIS (AFP) — Le trafic à la SNCF et à la RATP reviennent progressivement à la normale vendredi, la grève contre la réforme des régimes spéciaux prenant fin après neuf jours de conflit, mais les syndicats restent sur leurs gardes pendant les négociations et n'excluent pas de remobiliser avant Noël.

La SNCF n'avait pas connu au plan national de grève si longue depuis le conflit de 1995 sur une première tentative de réforme des régimes spéciaux, qui avait duré trois semaines.

Les pouvoirs publics considèrent la réforme acquise, puisque les décrets "sont pour dans un mois, un mois et demi", a indiqué vendredi le conseiller social de l'Elysée Raymond Soubie. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a affirmé jeudi que "la RATP comme la SNCF indemniseront en janvier (2008) les usagers" qui "ont subi" les grèves.

A la RATP, 85% des métros étaient assurés en moyenne vers 10H30, moins sur la ligne 10 avec une rame sur trois. La circulation des RER A et B était normale, après neuf jours de grosses perturbations et même de blocage de la ligne B. 80% des bus étaient assurés et la totalité des tramways.

Signe du retour à la normale, 116 km de bouchons étaient enregistrés à 8H30 en région parisienne, soit un chiffre habituel.

A la SNCF, comme prévu, tous les TGV sur les destinations Paris-province et les relations internationales, et un TGV sur deux sur les relations province-province sont assurés.

En Ile-de-France, 70% des Transiliens circulent. La circulation des trains Corail est meilleure que prévu, avec deux trains sur trois. Quant aux TER, deux sur trois roulent.

L'ensemble du trafic SNCF devrait être quasi normal ce week-end, la remise en place de toutes les rames et équipes pouvant prendre plusieurs dizaines d'heures.

Les assemblées générales de cheminots se sont très majoritairement prononcées jeudi en faveur de la "suspension" de la grève, lors de votes parfois serrés et après des débats animés. Quelques AG, notamment de contrôleurs, sont encore prévues vendredi.

Le climat était morose à Sud-Rail, deuxième syndicat à la SNCF, qui exigeait le retrait total de la réforme: "la déception est énorme au regard des enjeux", a commenté Christian Mahieux, secrétaire fédéral, "mais nous avons le sentiment d'avoir fait tout ce que l'on pouvait faire" contre la réforme.

Mercredi, à l'issue des premières négociations tripartites Etat-direction-syndicats, la CGT-cheminots avait salué les "premiers points marqués", en particulier l'intégration des primes dans le calcul des pensions. Les négociations, prévues jusqu'au 18 décembre à la SNCF, se tiennent "sous le contrôle des cheminots", a prévenu le syndicat, qui "sollicitera leur intervention" si nécessaire.

Une réunion préparatoire à la première table-ronde du 29 novembre sur les mesures salariales et les dispositifs d'accompagnement des carrières avait lieu vendredi matin au siège de la SNCF. A la RATP, les négociations reprennent lundi et dureront jusqu'au 13 décembre.

Sud-RATP débattait vendredi matin en conseil syndical de l'opportunité de déposer de nouveaux préavis de grève "aux alentours des 18 ou 20 décembre".

Les négociations sont sous pression comme à Air France, qui a connu cinq jours d'une grève dure fin octobre des hôtesses et stewards. Plusieurs de leurs syndicats se sont donné rendez-vous mi-décembre pour un bilan des discussions, en évoquant une possible grève pendant les vacances de Noël.

En marge du conflit, deux cheminots et un chauffeur routier ont été interpellés mercredi et jeudi en Lorraine pour des dégradations de matériel ferroviaire, sans rapport toutefois avec les "sabotages" sur les lignes TGV dénoncées mercredi par la direction de la SNCF.

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