PARIS (AFP) — Les ministres européens du Travail, de l'Emploi et des Affaires sociales se retrouvent jeudi et vendredi à Chantilly, près de Paris, pour un sommet informel qui sera le premier rendez-vous social de la présidence française de l'Union européenne.
L'Europe sociale ne figure pas parmi les quatre priorités de la présidence française, contrairement à la précédente de 2000. Un "manque d'ambition" (CFDT) regretté par les syndicats français, pour qui "la déception est d'autant plus grande que la France reste l'un des pays pouvant faire avancer la question sociale" (FO).
Pour les syndicats, la présidence française s'est ouverte sous de mauvais auspices, la Confédération européenne des syndicats (CES) regrettant le compromis "malheureux" accepté le 10 juin, grâce à la France, par les ministres européens de l'Emploi en matière de temps de travail.
La législation européenne sera révisée pour mieux encadrer, mais aussi pérenniser les possibilités de déroger à la semaine de 48 heures en Europe ("opt out").
Sur ce dossier, la présidence française veut jouer l'apaisement avec le Parlement européen où les débats s'annoncent vifs, afin d'éviter que les eurodéputés ne retardent l'adoption du texte.
"Nous devons aboutir sans faire de vainqueurs ni de vaincus", expliquait récemment le ministre du Travail, Xavier Bertrand, espérant "une trève sur cette question de l'opt out".
Jeudi, le ministre français et ses homologues tchèques et suédois vont rencontrer des représentants des employeurs et des syndicats pour établir des priorités parmi l'avalanche de propositions faites le 29 juin par la Commission européenne, dans le cadre de son "agenda social rénové".
Peu de ces propositions devraient se concrétiser sous présidence française, ou sous le mandat de l'actuelle Commission qui s'achève au printemps 2009.
Mais, l'espoir de la Commission est que la France parvienne à déblayer le terrain. Souvent accusée d'ignorer les problèmes sociaux préoccupant les citoyens, Bruxelles tient en effet à prouver le contraire, à un an des élections européennes.
Vendredi, les ministres des 27 devraient se pencher notamment sur une proposition de révision de la législation relative aux comités d'enteprise européens (CEE), dont les avancées sont jugées bien modestes par la CES. Il sera aussi question des services sociaux d'intérêt général (eau, déchets, énergie, télécoms, éducation, logement social, etc.)
La Commission s'est contentée d'un rapport sur ce sujet, alors que la défense des services publics avait joué un rôle clé dans la victoire du "non" au référendum sur l'ex-Constitution européenne en 2005 en France.
Les ministres aborderont aussi la proposition de directive contre les discriminations, "le sujet qui a le plus avancé" selon l'entourage de M. Bertrand.
Cette nouvelle directive vise à garantir l'égalité de traitement dans l'accès à la sécurité sociale, aux soins de santé, à l'éducation, aux biens et services, comme la location d'un logement ou l'accès aux handicapés en fauteuil roulant. Elle vise les discriminations fondées sur l'âge, le handicap, l'orientation sexuelle, la religion ou les convictions.
Elle doit compléter une précédente directive contre les discriminations professionnelles hommes/femmes et le racisme dans le monde du travail.
Les mesures proposées se veulent "proportionnées et raisonnables", et sans porter atteinte aux mesures garantissant, le cas échéant, la laïcité de l'Etat.
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