PARIS (AFP) — L'Elysée a "catégoriquement" démenti lundi être en train de mener des discussions avec la Presse quotidienne régionale (PQR) à propos du "démantèlement" de France 3.
"Nous démentons catégoriquement" ces allégations, a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.
France Télévisions avait également qualifié, dimanche, de "hautement fantaisistes" les affirmations de MediaPart, le site d'information encore en projet d'Edwy Plenel, selon lesquelles des discussions seraient en cours entre l'Elysée et la PQR.
D'après Mediapart, -le projet de site d'information d'Edwy Plenel-, le schéma actuellement discuté à l'Elysée, deux semaines après l'annonce de la suppression de la publicité à France Télévisions, serait le suivant: France 2 resterait dans le giron public et la structure nationale de France 3 serait également conservée, sans publicité.
Mais ses décrochages régionaux --le rendez-vous de la mi-journée et la tranche 18H30-20H30-- seraient confiés, avec leurs parts de publicité, à la presse quotidienne régionale grâce à la création de sociétés d'économie mixte, intégrant aussi les collectivités locales, notamment les conseils régionaux.
Dans un communiqué diffusé dimanche, le Syndicat national des journalistes (SNJ) de France 3 "demande à l'Elysée de faire instamment toute la lumière sur les négociations en cours et les enjeux qui en découlent pour l'avenir de la chaîne".
"En tout état de cause, ce schéma, s'il était retenu, marquerait purement et simplement la fin de l'information sur France 3. La preuve s'il en fallait une que l'annonce présidentielle de la fin de la publicité sur les chaînes publiques n'est que l'arbre qui cache la forêt de la réduction à terme du périmètre audiovisuel", note le SNJ.
Jean-François Téaldi, de la CGT de France 3, a qualifié ce schéma "d'atteinte incroyable au pluralisme et à la démocratie". "Si la PQR reprend l'information télévisée régionale, soit à travers des télévisions locales, soit à travers des sociétés d'économie mixte, le citoyen aura la même information en presse écrite, en radio et en télévision, puisque la PQR est aujourd'hui à la tête d'empires multimédia dans chaque région", a-t-il souligné.
En outre, selon le syndicaliste, "si les conseils régionaux font partie de ce système, les journalistes qui travailleront dans ces télévisions ne seront pas indépendants des élus qu'ils devraient critiquer dans leurs reportages".
Pour M. Téaldi, si ce schéma est vraiment à l'étude, "ça ne ferait que confirmer ce que nous pensons, à savoir que Nicolas Sarkozy et ce gouvernement veulent la mort du service public de l'audiovisuel, comme ils veulent la mort de l'ensemble des autres services publics".
Dans un communiqué publié dimanche soir, la direction de France Télévisions et celle de France 3 "considèrent qu'il s'agit d'hypothèses hautement fantaisistes".
"A plusieurs reprises, ces dernières semaines, l'Etat actionnaire -à son plus niveau- s'est clairement prononcé pour un maintien intégral du périmètre du groupe France Télévisions. Il convient donc d'observer à l'égard de ce genre de rumeurs la plus grande sérénité, au moment où nous travaillons sur l'évolution de notre activité dans un nouveau modèle économique", ajoute le texte.
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