Shimon Peres à Lyon: "Israël doit un prix très important à la Résistance"

LYON (AFP) — Le président israélien Shimon Peres a déclaré mercredi à Lyon qu'Israël devait "un prix très important et une reconnaissance à la Résistance française", à l'issue de sa visite à Lyon du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD).

"L'Histoire nous appelle de chaque pierre, de chaque mur. C'est un cri tragique, c'est aussi un cri d'héroïsme. Et sur ce plan il n'y avait pas de différences entre Juifs et les Français non-juifs. Il n'y a eu qu'une seule différence: celle entre résistants et collaborateurs", a déclaré M. Peres lors d'un discours.

"Israël doit un prix très important et une reconnaissance à la Résistance française. Lyon a été un centre de la Résistance (...) Les héros de la Résistance sont aussi les héros du peuple juif", a ajouté M. Peres, en déplacement officiel en France depuis lundi et pour cinq jours.

Premier chef d'Etat israélien à se rendre à Lyon, M. Peres est arrivé sous haute escorte vers 11H15 au CHRD, dans le 7e arrondissement de Lyon, ville dans laquelle il souhaitait se rendre "à cause du passé, à cause de l'avenir".

Il était accompagné notamment par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, le président PS de la Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne et le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb.

M. Peres a parcouru durant une heure le CHRD, installé symboliquement dans les anciens bâtiments occupés par la Gestapo du printemps 1943 jusqu'à leur bombardement le 26 mai 1944.

Il a visité la galerie d'exposition permanente et s'est entretenu avec Benjamin Oreinstein, 82 ans, un survivant de la Shoah, Jean Nallit, 84 ans, l'un des derniers "Justes" du Rhône, et François-Yves Guillin, 86 ans, ancien aide de camp du général Delestraint, le chef de l'Armée secrète.

La visite a été ponctuée par un dépôt de gerbes en mémoire des victimes de la Gestapo devant une trappe vitrée où certaines d'entre-elles étaient jetées pour être torturées par Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon.

Shimon Peres a ensuite inauguré l'espace Hillel, nouveau centre communautaire et culturel juif à Lyon avant de se rendre en préfecture pour un déjeuner officiel.

"Les Juifs peuvent vivre en France et aimer Israël. L'Amour n'est pas avare", a souligné M. Peres, qui devait repartir mercredi en fin de journée à Paris.

Lors du déjeuner officiel, le président israélien s'est félicité "de la présence ici d'un représentant de la foi musulmane parmi nous au côté du grand rabbin et du cardinal. Si ici, peuvent être assis ensemble le cardinal, le grand rabbin et l'imam, alors pourquoi ne pourrions-nous pas être assis ensemble au Proche-Orient ?".

"Nous reconnaissons tous notre père Abraham. Si nous avons tous un père en commun, pourquoi ne pouvons-nous pas redevenir une famille unie ?", s'est-il interrogé.

Arrivé lundi à Paris où il s'est entretenu avec Nicolas Sarkozy, Shimon Peres est le premier dirigeant étranger à être reçu avec le protocole d'une visite d'Etat depuis l'élection de M. Sarkozy en mai 2007.

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