Le Venezuela se tient prêt à accueillir les otages des Farc

CARACAS (AFP) — Le Venezuela se préparait activement vendredi à accueillir les trois otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont la guérilla colombienne a promis la libération, en reconnaissance des efforts de médiation du président Hugo Chavez.

Aucune information officielle n'a filtré sur la date et le lieu où seront libérés Clara Rojas -l'assistante d'Ingrid Betancourt, toutes deux enlevées en février 2002- son petit garçon de 3 ans, Emmanuel né en captivité et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez aux mains des Farc depuis septembre 2001.

Les autorités ont mis en place un dispositif de sécurité afin d'assurer la protection des otages et de leur escorte, ainsi que celle de la sénatrice d'opposition colombienne Piedad Cordoba.

"La mobilisation a commencé pour cette opération", a indiqué à l'AFP une source des renseignements vénézuéliens.

"Le plus probable, c'est que la remise (des otages) ait lieu en fin de semaine dans le sud du pays, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela", a déclaré une autre source proche du gouvernement vénézuélien.

Mme Rojas, Emmanuel et Mme Gonzalez, devraient être "livrés à un émissaire du président vénézuélien qui les transférera immédiatement à Caracas", selon cette source qui a requis l'anonymat.

"A mesure que le temps passe, notre anxiété augmente à ne pas savoir ce qu'il se passe", a confié vendredi à Bogota, Patricia Perdomo, la fille de Consuelo Gonzalez.

Pour la famille de la parlementaire, âgée de 57 ans, la priorité sera de s'occuper de son état de santé, a aussi souligné sa fille.

Et sous le toit familial de Clara Rojas, la même inquiétude règne.

"Je guette les nouvelles informations et je fais des démarches auprès d'un médecin pour elle, qui je l'espère grâce à Dieu ne sera pas nécessaire", a déclaré sa mère, Clara Gonzalez, précisant avoir acheté des vêtements pour son petit-fils qu'elle n'a jamais vu, et un livre en cadeau d'anniversaire pour Clara qui a eu 44 ans jeudi.

Depuis Cuba, où il assiste à un sommet pétrolier avant de rentrer samedi au Venezuela, M. Chavez a salué le "cadeau de Noël" offert par les Farc.

Selon le quotidien colombien El Tiempo, qui cite des "sources proches de la diplomatie vénézuélienne", la remise des otages pourrait survenir samedi ou dimanche, dans l'Etat d'Amazonas, à la frontière avec le Brésil et la Colombie.

Mme Cordoba, qui a participé étroitement à la médiation de M. Chavez, était attendue vendredi à Caracas dans la soirée, a indiqué son collaborateur Andres Vazquez.

Les Farc ont confirmé jeudi soir, sur leur site internet, leur volonté de relâcher les trois otages, par "reconnaissance" envers M. Chavez, un dirigeant socialiste, dont la médiation a été interrompue fin novembre par son homologue colombien Alvaro Uribe.

L'agence de presse colombienne Anncol, considérée comme proche des Farc, a souligné dans un communiqué vendredi que cette libération aurait lieu "contre la volonté d'Uribe".

"Nous espérons que le gouvernement (colombien) ne fera pas obstacle à cette libération dont il est étranger", souligne la rédaction d'Anncol.

La proposition de Bogota, visant à ouvrir une "zone de rencontre" pour permettre un échange dit "humanitaire" entre 500 guérilleros emprisonnés et 45 otages, dont Mme Betancourt et trois Américains, a été rejetée par les rebelles exigeant la démilitarisation d'une vaste zone dans le sud-ouest du pays.

Le commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a réaffirmé que Bogota était disposé à "réaliser immédiatement l'accord humanitaire", dans un entretien publié vendredi par le quotidien vénézuélien El Universal.

Selon lui, les guérilleros entendent "faire passer le gouvernement colombien pour intransigeant".