Eliminé de la Ligue des champions, Lyon va devoir gérer ses objectifs nationaux

LYON (AFP) — Eliminé de la Ligue des Champions, Lyon doit maintenant gérer sa fin de saison, avec l'objectif, dans l'idéal, d'un premier doublé Coupe de France-Championnat et l'impératif immédiat de bien négocier le choc de dimanche contre Bordeaux, afin de préserver un "équilibre précaire", selon Coupet.

+ Sans passion.

Une fois encore, l'OL, battu 1-0 après un nul à l'aller à Gerland (1-1), n'a pas signé d'exploit qui lui aurait permis d'entrer dans la légende face à un Grand d'Europe lors de la phase finale. Après l'AC Milan, en 2006, vainqueur au retour dans les ultimes instants, c'est Manchester United cette année qui barre la route au club lyonnais qui reste néanmoins sur cinq participations consécutives aux 8es de finale et trois qualifications pour les quarts. Porto (2004), PSV Eindhoven (2005), en quarts, l'AS Rome (2007), en 8e, ont été les autres tombeurs de Lyon. L'OL n'a pas quitté la Ligue des Champions par la petite porte, mais cette fin sans passion laisse des regrets. Le score serré n'effacera pas les lacunes importantes au niveau européen, notamment sur les ailes, et un manque flagrant de profondeur de banc.

+ La C1 avait très mal commencé.

Compte tenu des graves blessures qui l'ont handicapé durant la première moitié de saison et l'ont privé de joueurs majeurs de l'effectif (Coupet, Cris, Juninho, Fred, Müller, C. Anderson), l'Olympique lyonnais a réalisé un parcours honorable avec une qualification pour la phase finale obtenue d'extrême justesse après deux larges défaites d'entrée dans la compétition à Barcelone (3-0) et contre Glasgow (0-3). Lors du dernier match sur le terrain des Rangers, gagné 3-0, l'OL peut remercier le génie de Benzema et une motte de terre empêchant Darcheville d'obtenir une égalisation à 1-1 qui aurait peut-être tout changé.

+ La fin de saison.

Avec cette élimination, l'OL n'a cependant pas hypothéqué la suite de sa saison, grâce à sa place de leader en L1. Et contrairement aux années précédentes, la lutte pour le titre s'annonce un peu plus palpitante, avec dès dimanche la réception de Bordeaux, 2e à trois longueurs. L'OL peut y trouver des ressources et se remobiliser pour chercher le 7e titre consécutif de champion, et, pourquoi pas, y ajouter dans le meilleur des cas la Coupe de France pour un premier doublé du genre dans l'histoire du club. L'encadrement a estimé à six le nombre de victoires nécessaires d'ici la fin du championnat pour être sacré. En Coupe, Lyon recevra Sochaux en 8e de finale, le 18 mars.

+ Les "non-dits" du vestiaire.

Coupet a lâché le morceau dans L'Equipe: "C'est la première année où il y a autant de non-dits, de choses qui parasitent les alentours de l'équipe. Il faudrait que ça se règle. On peut toujours rêver d'un doublé Coupe-Championnat. Mais l'équilibre est précaire. Le groupe vit bien ensemble mais c'est illusoire. Moi je suis partisan de dire les choses. Il va pourtant bien falloir qu'à un moment ça sorte." Y-aura-t-il un grand déballage si Bordeaux gagne dimanche? Le vestiaire peut-il imploser?

+ Casse-tête Cris-Boumsong.

Face à Manchester, Cris, qui disputait seulement son second match professionnel après sa grave blessure au genou droit en août, a de nouveau été associé à Sébastien Squillaci en défense centrale. La performance des deux hommes a été très solide. Toutefois, elle relègue sur le banc, pour l'instant, Jean-Alain Boumsong, candidat à l'équipe de France et à l'Euro, recruté seulement fin janvier. Mais Cris retrouvé, il apparaît maintenant difficile de le sortir de l'équipe, d'autant qu'il fait partie des "Barons" du vestiaire.

+ Questions en attaque.

Mardi, Karim Benzema, qui avait réaffirmé avec force samedi son souhait d'évoluer avant-centre, a retrouvé son poste de prédilection au détriment de Fred, qui restait sur trois buts en deux matches. D'ici la fin de saison, la gestion de ces cas sera délicate à la fois pour Alain Perrin mais aussi pour la direction de l'OL, qui doit en outre gérer les relations glaciales entre Benzema et Ben Arfa.