L'UEFA se penche sur le duo Ukraine-Pologne et le passage de l'Euro à 24

PARIS (AFP) — Le comité exécutif de l'UEFA, réuni jeudi et vendredi à Bordeaux, va se pencher sur les questions qui entourent la capacité de l'Ukraine et la Pologne à organiser l'Euro-2012, ainsi que sur un probable élargissement de l'Euro de 16 à 24 équipes à partir de 2016.

Depuis l'attribution surprise de l'Euro-2012 au duo de l'Est, le 18 avril 2007, doutes et rumeurs ne cessent d'enfler. Les derniers bruits en date évoquent un plan B, avec l'Ecosse ou encore la Russie.

L'été dernier, c'est la thèse de l'Espagne qui avait la cote. Et auparavant, c'est le nom de l'Italie, un des candidats déçus à l'organisation (le duo Croatie-Hongrie s'était aussi présenté), qui revenait. L'UEFA a toujours démenti ces rumeurs.

Après de nombreux rappels à l'ordre -"On leur a donné, je ne dirai pas un ultimatum, mais un délai pour se réveiller", soulignait Michel Platini, président de l'UEFA, le 28 juin- une délégation de l'Union européenne de football est allée sur place début juillet.

Les premières impressions furent mitigées. Le 2 juillet l'UEFA avait jugé "positivement" les préparatifs de la Pologne. Le verdict a été moins enthousiaste pour le co-organisateur. "Les trois mois à venir seront très importants pour l'Ukraine", avait déclaré le 3 juillet M. Platini.

Les experts de l'UEFA présenteront leur rapport, technique et politique, devant les 15 membres du CE vendredi matin. Quelle sera alors la position du comité exécutif ? Les hypothèses sont nombreuses.

Une majorité des membres du CE sera-t-elle incitée à dire qu'il reste encore trois ans et demi pour que l'avancée des préparatifs se concrétise et qu'il est donc urgent d'attendre ? La lenteur de certains travaux, pour les stades ou les capacités d'accueil, entamera-t-elle la patience du comité exécutif ?

Le récent conflit entre la Géorgie et la Russie pèsera-t-il dans l'analyse ? Le CE de Bordeaux osera-t-il retirer l'épreuve à ces deux pays ou fixera-t-il de nouveaux objectifs à atteindre ?

L'autre sujet d'étude du CE, le projet d'élargissement de l'Euro de 16 à 24, devrait poser moins de tracas jeudi. Le 28 juin, à Vienne, les présidents des 53 fédérations qui composent l'UEFA, sondés lors d'une rencontre informelle par M. Platini, s'étaient exprimés en faveur d'un élargissement à 24. Si cette extension est adoptée (à la majorité des membres du CE, qui sont 15 mais seulement 13 à voter), elle entrera en application pour l'Euro-2016, qui n'a pas encore été attribué.

Le 28 juin, les présidents de fédération avaient émis une seule réserve: conserver un système de qualification attrayant, avec des groupes suffisamment étoffés pour que toutes les équipes puissent jouer assez de matches et que l'enjeu soit intéressant jusqu'au bout.

M. Platini est revenu sur le sujet le 28 août à Monaco. "Je ne vois pas une différence de qualité entre 16 et 24, a commenté le président de l'UEFA. A 32 pays, oui, la qualité de l'épreuve baisse, à 24 non. Il y a des pays moyens qui veulent se qualifier pour un Euro et qui souffrent quand ils n'y arrivent pas. Pour ces pays, en cas de non-qualification, le football repart à zéro."

"Au départ, je n'étais pas du tout convaincu, a-t-il reconnu. Je me suis fait une idée avec le temps et avec l'Euro-2008. Certains disent qu'on avait les 16 meilleurs. Mais est-ce que ceux qui n'étaient pas à l'Euro-2008 comme l'Angleterre, l'Ukraine ou le Danemark ne méritaient pas d'être là ? Je pense que, sincèrement, il y a plus que 16 bonnes équipes pour un Championnat d'Europe."

L'élargissement à 24 -celui à 20 n'a jamais recueilli les suffrages- a donc de grandes chances d'être adopté.