Les socialistes européens ironisent sur la conversion à gauche de Sarkozy

STRASBOURG (Parlement européen) (AFP) — Le chef de file des socialistes au Parlement européen a ironisé mardi sur la conversion de la droite en Europe aux bienfaits de l'interventionnisme d'Etat face à la crise, qualifiant Nicolas Sarkozy de "véritable socialiste".

Le chef de l'Etat français, qui préside l'Union européenne, "parle comme un véritable socialiste européen" en plaidant pour davantage de régulation sur les marchés financiers et en prônant la recapitalisation par les Etats des banques privées en difficulté, a raillé Martin Schulz devant le Parlement européen à Strasbourg.

Quant au président de la Commission européenne, le très libéral José Manuel Barroso, "l'ancien trotskiste parle comme un gauchiste", a-t-il ajouté, dans une allusion au militantisme de jeunesse de M. Barroso à l'extrême-gauche.

"Ce sont vos erreurs qui ont abouti à cette situation où nous n'avons toujours pas les règles que nous devrions avoir", leur a lancé M. Schulz.

Tout sourire, M. Sarkozy, qui venait de faire le point de la présidence française de l'UE devant le Parlement, lui a répondu: "Suis-je devenu socialiste? Peut-être. Mais convenez que vous, vous ne parlez pas comme un socialiste français".

"Dans le schisme socialiste je choisis Martin Schulz sans regret", a-t-il ajouté.

Le chef de file des socialistes européens n'a manifestement que peu apprécié l'ironie de Nicolas Sarkozy.

"Si j'avais su que je m'adressais au président de la République française, je peux vous assurer que mon discours (aurait été) totalement différent parce qu'il n'y a pas de différence entre mes camarades socialistes français et moi", a tenu à faire remarquer Martin Schulz plus tard dans le débat.

"Cher Martin, si je vous ai blessé en vous comparant à un socialiste français, je le regrette, dans mon esprit ce n'était pas indigne", lui a immédiatement répondu Nicolas Sarkozy, provoquant les rires du président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering et d'une partie de l'hémicycle.

"Mais j'admets bien volontiers que ce qui compte, c'est l'avis de celui qui le reçoit. Donc, M. le président Pöttering, je retire", a-t-il ajouté, "M. Schulz est aussi capable de parler comme un socialiste français".