PARIS (AFP) — L'Agence nationale pour l'emploi (ANPE), qui a vécu "une année charnière" en 2007, se prépare plus que jamais à sa fusion avec les Assedic, "processus long, difficile, mais pas insurmontable", selon le point d'activité annuel fait jeudi par son directeur général Christian Charpy.
L'ANPE, qui a eu 40 ans en 2007, a connu "une année charnière à la fois avec une transition vers le nouvel opérateur qui résultera de la fusion ANPE-Assedic et avec la poursuite de la baisse du chômage", a-t-il déclaré devant la presse.
En vue de la réforme du service public de l'emploi, qui "n'est pas pour faire des économies mais pour renforcer le service aux demandeurs d'emploi et aux entreprises", il va encore y avoir "beaucoup de travail en 2008", a prévenu celui qui pilote l'ANPE depuis avril 2005.
"L'instance de préfiguration de l'entité ANPE-Assedic sera créée avant fin avril. Il y a eu un petit peu de retard sur sa mise en place mais nous n'avons pas perdu de temps pour autant", a affirmé M. Charpy, précisant entre autres que 430 guichets uniques, lieux où un chômeur peut s'inscrire aux Assedic et avoir un premier rendez-vous avec l'ANPE, étaient opérationnels fin 2007.
Il a ajouté que "dès que cette instance sera en place, il va falloir se mettre très vite au travail pour respecter l'objectif d'une fusion effective début 2009", jugeant qu'"une lourde tâche attend le futur directeur" de France Emploi, nom de code provisoire.
La fusion entre l'ANPE et les Assedic représente aussi un défi interne pour les deux organismes, l'un de statut public, l'autre privé, comme l'ont montré plusieurs grèves ou manifestations des personnels.
Aux yeux de M. Charpy, "il faut accorder une attention importante aux questions de ressources humaines car c'est une industrie de main d'oeuvre, mais le seul objectif de la fusion est d'améliorer le service".
Alors que Nicolas Sarkozy a annoncé mardi la prochaine présentation d'un texte sur les sanctions pour les chômeurs refusant deux offres "raisonnables" d'emploi, M. Charpy a jugé les dispositions actuelles sur les offres pouvant être refusées "un peu floues, pas évolutives dans le temps et n'engageant pas les uns et les autres".
Le Code du travail permet déjà à l'ANPE de radier les demandeurs d'emplois refusant une offre d'emploi correspondant à leur qualification, à leur expérience, au niveau de salaire pratiqué dans la région ou à leur possibilité de mobilité géographique.
Chaque mois, l'ANPE radie environ 40.000 demandeurs d'emploi, dans 95% des cas pour absence à convocation.
"Les radiations pour refus d'emploi, plus fréquentes dans les secteurs ayant du mal à recruter, s'élèvent à environ 1.500 par mois, soit 2 à 3% des radiations. Elles restent encore modestes en nombre mais ont progressé au cours des trois dernières années", selon M. Charpy.
Pour lui, la future définition d'une offre raisonnable ou valable d'emploi devrait prévoir "un plus fort engagement réciproque entre le demandeur d'emploi et le service public de l'emploi" mais aussi "un élargissement des critères de l'emploi recherché (métier, géographie, rémunération) et une intensification de l'action du service public de l'emploi à mesure que dure le chômage".
Interrogé sur le degré de rigidité des critères comme un nombre de kilomètres précis, le directeur général de l'ANPE a souligné qu'il revient aux partenaires sociaux et au gouvernement "de réfléchir". "Des critères rigides ont l'inconvénient d'être rigides mais évitent aux agents de se poser trop de questions", a-t-il noté.
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