BEYROUTH (AFP) — Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, à la pointe des efforts internationaux pour résoudre la crise politique au Liban, a reconnu jeudi ne pas avoir obtenu de déblocage, mais a promis de rester engagé pour sortir ce pays de l'impasse.
M. Kouchner, à Beyrouth depuis dimanche, a admis n'avoir pratiquement plus d'espoir que les parties libanaises s'entendent sur le nom d'un futur président et le fassent accepter par le Parlement vendredi, dernier jour du mandat du chef de l'Etat actuel, Emile Lahoud.
"Nous avons beaucoup espéré que cela pourrait être fait, et jusqu'à preuve du contraire, c'est-à-dire demain, ça n'a pas été possible", a déclaré le chef de la diplomatie française.
"Un miracle est encore possible demain, mais je crois que ce sera un peu compliqué", a-t-il ajouté, au cours d'une conférence de presse conjointe avec ses homologues italien Massimo D'Alema et espagnol Miguel Angel Moratinos, arrivés jeudi pour l'épauler dans ses efforts de dernière minute.
M. Kouchner, qui effectuait sa sixième mission au Liban en six mois, pourrait quitter la capitale libanaise dans la soirée de jeudi, a-t-on indiqué dans son entourage. Le ministre n'a pas écarté l'idée de revenir au Liban "si c'est utile", sans donner plus de précisions.
MM. D'Alema et Moratinos n'ont pu que faire écho au constat de M. Kouchner. "Il est clair qu'il est fort difficile demain d'avoir l'élection du président", a déclaré le chef de la diplomatie italienne.
Les trois ministres ont toutefois souligné qu'ils comptaient poursuivre leurs efforts. "Nous restons à la disposition de nos amis libanais", a insisté M. Moratinos, en estimant que "tout reste possible" pour que ce pays sorte de la crise politique.
"Nous sommes sûrs que nous y arriverons, que les Libanais y arriveront", a renchéri M. Kouchner. "Nous ne sommes pas heureux, mais nous allons continuer nos efforts", a assuré M. D'Alema.
A une question sur sa promesse, faite lundi à Beyrouth, de désigner publiquement les responsables des blocages politiques, M. Kouchner a répondu prudemment. "Ce n'est pas à moi de dénoncer", a-t-il déclaré.
Interrogé sur le risque de voir le blocage politique engendrer une dégradation de la sécurité au Liban, il a répondu "je le crains", et ajouté que "les dangers existent".
La France s'est fortement impliquée depuis plusieurs mois dans la recherche d'un accord permettant au Liban de se doter d'un président "de large rassemblement" dans les délais constitutionnels.
M. Kouchner a souligné que le travail de la diplomatie française était soutenu par l'ensemble de ses 26 partenaires au sein de l'Union européenne. Il a aussi déclaré que "nous avons été en contact avec nos amis américains tout le temps".
Nicolas Sarkozy était monté au créneau mardi en s'entretenant de la situation au Liban avec son homologue syrien Bachar al-Assad, un premier contact téléphonique entre les deux hommes depuis l'élection du président français en mai.
Les efforts internationaux pour débloquer la situation libanaise se sont intensifiés au cours des derniers jours, avec notamment des visites à Beyrouth du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et celui de la Ligue arabe Amr Moussa.
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