L'union syndicale Solidaires affirme ses positions radicales

SAINT-JEAN-DE-MONTS (AFP) — L'union syndicale Solidaires a affirmé son opposition radicale au gouvernement, dans un paysage syndical en pleine recomposition, avec en point de mire les élections prud'homales de décembre, lors de son congrès qui s'est achevé jeudi.

Pendant trois jours, l'union syndicale, qui comprend principalement les syndicats Sud, s'est posée en alternative face aux grandes confédérations, notamment la CGT et la CFDT. Elle leur reproche de "composer" avec le gouvernement et de vouloir écarter le "syndicalisme de lutte" en soutenant la réforme des règles de représentativité syndicale dans le secteur privé.

Les critères retenus dans le projet du gouvernement sur ce sujet, largement inspirés de la "position commune" signée par CGT, CFDT, Medef et CGPME, n'assurent pas pour l'instant une place à Solidaires parmi les organisations admises dans la négociation sociale, au nombre de cinq actuellement (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC).

"Nous avons renforcé notre détermination à faire reconnaître notre place dans le paysage syndical", s'est réjouie la porte-parole Annick Coupé dans son discours de clôture d'un congrès "tourné vers l'avenir".

Les délégués se sont prononcés en faveur d'un seuil de représentativité à 5% des voix aux élections professionnelles pour les entreprises et les branches, au lieu des 8% prévus par le gouvernement.

A défaut d'une place d'interlocuteur reconnu, l'union syndicale entend légitimer sa place sur le terrain en étendant son implantation, notamment dans le secteur privé.

Solidaires s'est fixé l'objectif ambitieux de rassembler 5% des voix aux élections prud'homales du 3 décembre. Lors des dernières élections en 2002, Solidaires --sous son ancien nom de Groupe des dix-- avait rassemblé 1,51%.

Issue du Groupe des dix créé en 1981 par dix syndicats d'inspiration autonome avant de prendre le nom de Solidaires en 2004, l'organisation revendique aujourd'hui 90.000 adhérents et 43 syndicats et fédérations membres.

"Nous sommes déterminés à tout faire pour mettre un coup d'arrêt à la politique de destruction sociale généralisée du gouvernement et du Medef", a déclaré Annick Coupé, estimant que son mouvement était désormais "mieux armé" pour un "affrontement que l'on n'évitera pas".

Les délégués ont adopté des revendications radicales, comme le salaire minimum à 1.500 euros net par mois, le retour à 37,5 annuités de cotisation pour une retraite à taux plein et l'instauration d'une durée du travail à 32 heures hebdomadaires.

Annick Coupé a appelé à travailler à "l'unité d'action", qui explique notamment sa participation à la journée du 17 juin, aux côtés de la CGT et de la CFDT, contre les projets de réforme de retraite et de remise en cause des 35 heures.

Invité du congrès, le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, s'est "félicité" que Solidaires, seule organisation avec la sienne à s'être joint au mouvement, ait "pris la bonne décision".

Les questions d'organisation ont en revanche suscité de vifs débats, notamment entre deux des syndicats à l'origine du Groupe des dix, SNJ (journalistes) et SNABF (Banque de France), d'une part, et les syndicats Sud et les unions locales, d'autre part, sur la question du droit de vote de ces dernières au comité national.

Afin d'éviter une "crise" interne à quelques mois des prud'homales, les composantes de Solidaires se sont entendues pour constituer un groupe de travail avant un "congrès extraordinaire" sur le sujet dans un an.