Trophée des Champions: Bordeaux-Lyon, confirmer ou briser l'hégémonie

BORDEAUX (AFP) — Lyon, auteur du premier doublé de son histoire l'an dernier, va tenter de confirmer sa suprématie sur le football français à l'occasion du Trophée des Champions en se rendant samedi chez son dauphin Bordeaux, qui rêve secrètement de briser son hégémonie dans cette épreuve.

2002, 2003, et ainsi de suite jusqu'en 2007: le scénario est toujours le même. Chaque année, on imagine Lyon perturbé par la période des transferts, diminué par le départ de ses cadres, pas encore prêt physiquement. Et chaque année, le club de Jean-Michel Aulas répond présent, invariablement.

On appelle cela avoir un temps d'avance, l'impact psychologique sur la concurrence, qui garantit toujours aux Lyonnais un titre de champion de France en fin de saison. Sauf que l'an dernier, le Bordeaux de Laurent Blanc a tenu bon (presque) jusqu'au bout, mourant à quatre points d'un ogre poussé dans des retranchements dont il avait oublié la forme.

Celle du moment pencherait davantage vers les Girondins, au complet samedi et en phase ascendante lors de leur dernière sortie amicale contre Lorient (1-0, but de Gourcuff) quand Lyon, privé samedi de Keita, Fred, Fabio Santos, Mensah et sans doute Källström, perdait mercredi contre Monaco (0-1) la confiance gagnée contre le Partizan Belgrade (3-1) avec la prometteuse association Pjanic-Benzema.

"Nous avons manqué de jus contre Monaco mais c'est tout à fait normal après un lourd travail physique effectué en stage à Divonne", analyse le latéral Anthony Réveillère.

"Il y a un premier titre en jeu, rappelle l'entraîneur Claude Puel, mais nous devons encore progresser tactiquement, franchir des paliers. Notre organisation n'est pas encore opérante dans la fatigue, nous suivons notre chemin dans notre préparation mais la vérité, ce sera le match de Bordeaux."

"C'est aussi le type de match où il faut faire attention de ne pas revenir avec des blessés et c'est pour cela que l'état de fraîcheur des joueurs sera déterminant pour composer l'équipe", ajoute-t-il.

Les Girondins, tout heureux d'être les hôtes de l'ouverture de cette chasse un temps pressenti à Chicago, se verraient bien inscrire leur nom dans la dernière épreuve domestique qui manque à leur palmarès (défaite 0-1 contre Nantes en 1999) et contredire enfin le dicton français qui dit qu'"au 21e siècle, le foot se joue à 11 et à la fin c'est Lyon qui gagne".

"Si on pouvait se l'adjuger, on ne s'en priverait pas", reconnaît Blanc. "Ce n'est pas un match en bois puisqu'il y a un trophée en compétition, mais il ne faut pas le considérer autrement qu'un match sérieux de préparation", assure son président Jean-Louis Triaud.

Toujours mesuré, le capitaine Ulrich Ramé rappelle que "ce trophée, on ne devait pas le jouer" (c'est la première fois qu'un 2e de L1 y participe), ajoutant toutefois que "c'est une excellente chose de rentrer dans la compétition avant l'heure, de se jauger. Après c'est Lyon, l'adversaire suprême".

De quoi donner le ton? Ramé coupe: "Vous pouvez anticiper tout ce que vous le voulez, c'est une compétition qui se joue sur un match; un championnat, c'est 38 journées. Ce match donnera la confiance à l'une ou l'autre des deux équipes, mais ce ne sera que le mois d'août".

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