G7 et FMI appellent les banques à la transparence, s'inquiètent pour le dollar
WASHINGTON (AFP) — Les grands argentiers de la planète, prenant acte du spectaculaire ralentissement de la croissance mondiale, ont mis en demeure les banques internationales de faire la lumière sur leurs pertes potentielles et revu leur position traditionnelle sur le dollar.
Confrontés à ce que le Fonds monétaire international (FMI) a qualifié de crise la plus grave depuis la Grande Dépression des années 30, ils ont estimé que seule une plus grande transparence pourrait restaurer le fonctionnement normal des marchés.
Lors de leurs réunions de printemps, ce week-end à Washington, les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale des 185 pays membres du FMI et de la Banque mondiale ont fait leurs les conclusions d'un très attendu rapport du Forum de stabilité financières (FSF).
Ils avaient été précédés vendredi par leurs homologues du Groupe des Sept (G7) pays les plus industrialisés, qui se sont engagés à mettre en oeuvre les mesures préconisées, certaines devant être mise en place sous 100 jours.
"Pour le président du FSF Mario Draghi, ces mesures sont "un premier pas dans la réponse réglementaire à la crise", qui doit aller de pair avec une approche macroéconomique et des mesures favorisant la liquidité des marchés.
L'alarme avait été sonnée en début de semaine par le FMI, qui avait affirmé que l'économie américaine allait entrer en récession et provoquer un freinage de la croissance mondiale. Il avait aussi avancé que la crise née aux Etats-Unis pourrait coûter quelque 1.000 milliards de dollars.
Des prévisions jugées excessivement pessimistes par les pays riches, mais qui ont eu le mérite, selon son nouveau directeur général, Dominique Strauss-Kahn, de replacer le FMI au centre du débat.
Dans leurs communiqués, le G7 Finances et l'organe politique du FMI ne sont pas allés jusqu'à reprendre le mot "récession".
"Les défis auxquels l'économie mondiale doit faire face sont de nature mondiale", a simplement souligné le Comité monétaire et financier international (CMFI) du FMI.
Pour le G7 et le FMI, il est indispensable que les banques purgent leurs bilans de leurs actifs pourris et, si, nécessaire, se recapitalisent, pour éviter un assèchement du crédit aux conséquences incalculables.
Pour la première fois en quatre ans, le G7 Finances a changé de discours sur les changes. En une allusion à l'effondrement du dollar, il s'est dit "préoccupé" par le possible impact sur l'économie des "fortes fluctuations des principales monnaies".
Pour Andrew Bush, stratège "changes" chez BMO Capital, il faut maintenant voir si cette évolution est le prélude à une intervention sur les marchés des changes, à des baisses de taux coordonnées ou une hausse des taux américains.
Les réunions du week-end ont également permis de boucler la réforme destinée à redonner un peu de pertinence à un FMI menacé d'obsolescence. Une restructuration modeste en trois points: léger rééquilibrage des droits de vote entre pays riches et pauvres, mesures d'économies et vente d'une partie de l'or du Fonds pour dégager des ressources nouvelles.
Le Comité de Développement, instance politique de la Banque mondiale (BM), a lui aussi demandé dimanche à la direction de l'institution multilatérale de travailler rapidement à une réforme de sa gouvernance, avec des propositions d'ici l'automne.
L'autre grand sujet des assemblées du week-end a été la crise alimentaire qui s'aggrave, avec des émeutes dans de nombreux pays, notamment en Haïti.
Le président de la Banque Robert Zoellick a appelé les gouvernements à intervenir rapidement pour éviter que la crise n'appauvrisse encore davantage quelque 100 millions de personnes dans le monde.
"C'est bien de voir la crise alimentaire en haut de l'agenda politique, mais cela ne remplace pas des fonds", a critiqué l'organisation Oxfam, pour qui la pauvreté va tuer "plus d'un million de personnes d'ici le prochain G7".

