BEYROUTH (AFP) — Le président français Nicolas Sarkozy a souligné samedi à Beyrouth que l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et les attentats qui ont touché plusieurs personnalités anti-syriennes du Liban ne devaient pas rester impunis.
"Nous le resterons (à vos côtés) pour que la mort de Rafic Hariri et la longue litanie des attentats, qui ont frappé depuis octobre 2004 tant des meilleurs fils du Liban, ne demeurent pas impunis", a déclaré M. Sarkozy dans une allocution lors d'un déjeuner offert en son honneur par son homologue libanais Michel Sleimane au palais présidentiel de Baabda.
"Les assassins doivent savoir qu'ils auront à payer", a martelé M. Sarkozy.
"C'est tout le sens de la création du Tribunal international", a-t-il souligné.
Rafic Hariri avait été assassiné dans un attentat à la camionette piégée à Beyrouth le 14 février 2005.
Le ministre libanais des Télécommunications, Marwan Hamadé, a été grièvement blessé dans un attentat à la voiture piégée qui l'avait visé le 1er octobre 2004 à Beyrouth.
Le gouvernement démissionnaire dirigé par le Premier ministre Fouad Siniora avait obtenu la création du tribunal chargé de juger les assassins d'Hariri, malgré les tentatives de blocage de l'opposition soutenue par l'Iran et la Syrie.
La majorité parlementaire antisyrienne a accusé la Syrie d'avoir orchestré cet attentat, ce que Damas a toujours démenti.
M. Sarkozy a également assuré M. Sleimane du soutien de la France "pour renforcer les capacités de l'armée libanaise".
Il a rendu hommage à "l'engagement constant du président Jacques Chirac", son prédécesseur, envers le Liban.
Le président français a estimé qu'"il faudra mettre en oeuvre les réformes qui permetteront eu Liban de bénéficier pleinement des acquis de Paris III", une conférence internationale de soutien au Liban, estimant que cette tâche relevait de la "responsabilité" de M. Siniora auquel il a rendu "un hommage particulier".
M. Sleimane a, pour sa part, salué son homologue français en affirmant que "l'accord de Doha, où la France a tenu toute sa place, a régénéré la stabilité politique tant attendue et souhaitée".
La crise entre la majorité et l'opposition libanaises avait dégénéré début mai en violences intercommunautaires qui ont fait 65 morts, avant que les deux camps ne scellent un accord, le 21 mai, à Doha, au Qatar.
"Le Liban est reconnaissant à la France d'avoir mobilisé la communauté internationale et organisé Paris III", a affirmé M. Sleimane qui s'exprimait en français.
La conférence de Paris III, en janvier 2007, a permis de réunir 7,6 milliards de dollars d'engagements en faveur du Liban, dans un geste de soutien au gouvernement de M. Siniora.
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