BUDO (AFP) — Piégés dans un bâtiment fermé de l'extérieur, 18 écolières âgées de 9 à 12 ans et un surveillant ont péri dans la nuit de lundi à mardi en Ouganda dans l'incendie du dortoir d'une école dans la localité de Budo, à une trentaine de kilomètres de Kampala.
"A 22H00 (19H00 GMT), nous avons été alertés qu'un dortoir avait pris feu dans l'école Budo junior", a expliqué à l'AFP une porte-parole de la police ougandaise, Judith Nabakoba.
"Le bilan est à présent de 19 morts. C'était un dortoir pour filles, âgées de neuf à douze ans", selon la porte-parole de la police.
L'origine du feu qui a ravagé plusieurs salles du dortoir de l'école des filles de Budo n'était pas établie mardi après-midi, alors que les sauveteurs et les policiers dépêchés sur place s'affairaient à rechercher des corps calcinés dans les décombres, où carcasses de lits et débris du bâtiment étaient mêlés.
Dix-sept écolières et le surveillant sont morts sur place, tandis qu'une écolière a succombé à ses brûlures à l'hôpital, a précisé Mme Nabakoba. Dans un premier temps, la police avait fait état uniquement d'enfants parmi les victimes avant de découvrir qu'un surveillant avait également péri dans l'incendie.
Le bilan pourrait encore s'alourdir, selon la police: le nombre total d'élèves dormant dans l'internat n'était en effet pas établi mardi dans la journée. Sur place, certains avançaient le chiffre de 25 morts.
Plusieurs des corps étaient méconnaissables dans ce dortoir dont les carcasses calcinées de lits superposés à trois niveaux, serrés les uns contre les autres, témoignaient de la violence de l'incendie alimenté par les matelas, selon un photographe de l'AFP sur place.
Seuls de rares effets personnels éparpillés au sol - quelques livres, des chaussures, des affaires de toilette - ont été épargnés par les flammes.
Dans l'école, des enseignants traumatisés par le drame tentaient de réconforter les élèves, tandis qu'au fil des heures, de plus en plus de parents angoissés arrivaient sur les lieux pour chercher leurs enfants.
Sur les 19 corps transportés à la morgue de l'hôpital principal de Kampala, seuls sept avaient pu être identifiés, en raison de signes distinctifs de naissance ou parce que leurs visages n'avaient pas trop été abîmés par les flammes.
"Je ne peux pas identifier mon enfant parmi ces cadavres. Les corps sont méconnaissables tellement ils sont brûlés", a témoigné à l'AFP une jeune mère, Winnie Zawede.
Un père de famille est lui parvenu à identifier son enfant grâce à des marques distinctives sur les pieds et les mains: "Il n'y a rien que je puisse faire car ces morts sont la volonté de Dieu".
Selon un responsable de l'école s'exprimant sous couvert d'anonymat, le dortoir était fermé de l'extérieur lorsque l'incendie a débuté. Le sinistre a coïncidé avec une coupure d'électricité.
"Les portes sont habituellement fermées de l'extérieur pour empêcher les enfants de sortir la nuit ou une éventuelle agression", a expliqué une source policière sous couvert de l'anonymat.
Une équipe d'enquêteurs était à pied d'oeuvre mardi sur les lieux du sinistre, la police n'excluant aucune hypothèse: incendie volontaire, court-circuit, bougie, etc.
Fin juillet 2006, six élèves d'une école primaire située à 80 km à l'est de Kampala avaient péri dans des conditions similaires et en mars de la même année, 13 enfants avaient également été surpris dans leur sommeil par l'incendie de leur dortoir dans l'ouest du pays.
Dans les deux cas, les incendies étaient accidentels, le premier dû à un poêle à charbon défectueux et le second causé par une bougie.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
