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Visite de Chavez en Colombie: les familles des otages reprennent espoir

BOGOTA (AFP) — Des responsables politiques, parents d'otages et analystes colombiens estimaient samedi, au lendemain de la visite de Hugo Chavez à Bogota, que la médiation du président du Venezuela augmentait les chances de parvenir à un échange humanitaire d'otages contre des guérilleros emprisonnés.

Hugo Chavez a annoncé vendredi soir à Bogota qu'il avait convenu, avec l'accord de son homologue colombien Alvaro Uribe, de recevoir à Caracas un envoyé des FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie). Il a également révélé qu'il avait reçu de nouvelles propositions des FARC, mais s'est refusé à en révéler la teneur.

"Le gouvernement colombien a la volonté que la réunion entre un délégué des FARC et Chavez se réalise" et espère qu'elle "va faciliter les choses", a estimé samedi le ministre colombien des affaires étrangères, Fernando Araujo.

Des familles d'otages ont affirmé reprendre espoir. Juan Carlos Lecompte, le mari de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC le 23 février 2002, a déclaré à l'AFP qu'il était "optimiste" après avoir été reçu vendredi soir par le chef d'Etat vénézuélien.

"Je pense que Chavez est la personne appropriée pour cette médiation parce qu'il est le chef de file de la gauche latino-américaine et que les FARC sont aussi de gauche", dit-il.

"Je ne sais pas si la guérilla va obéir à Chavez mais je sais que lorsque le président dira quelque chose, ils l'écouteront et ils en tiendront compte", ajoute M. Lecompte qui a remis à Hugo Chavez une vieille photo sur laquelle il se trouve en compagnie d'Ingrid Betancourt à l'ambassade du Venezuela.

De même, Mme Marta de Lizcano, l'épouse du député Oscar Tulio Lizcano, otage des FARC depuis sept ans, croit "dans la volonté réelle de Chavez d'aider" à la libération des personnes séquestrées. "L'important, dit-elle, est que le président Chavez nous permette au moins d'établir un dialogue".

"Uribe voit de façon positive la (prochaine) rencontre entre Chavez et les FARC", titrait samedi le quotidien national El Tiempo, soulignant que les deux dirigeants avaient largement dépassé le temps imparti aux négociations par le programme officiel.

Enfin Carlos Lozano, le directeur du journal communiste Voz et ancien médiateur pour la libération des otages, considère que "l'engagement du président Chavez pour obtenir un accord est réel". "Bien sûr, dit-il, une porte s'ouvre et cela laisse de l'espace au président Chavez pour faire avancer son initiative (de paix), pour élaborer des propositions".

M. Chavez a rencontré samedi à l'aube les avocats de deux responsables de la guérilla, "Sonia" et "Simon Trinidad", extradés aux Etats-Unis, dont les FARC exigent la libération dans le cadre d'un échange humanitaire. Le chef de l'Etat vénézuélien a indiqué que cette question était un des points les plus difficiles à régler.

Samedi matin, radio Caracol (privée) a diffusé une série d'interviews d'auditeurs : tous pensaient que la médiation de Hugo Chavez pouvait aboutir à terme aux libérations de 45 otages de la guérilla et de quelque 500 rebelles.