Journée de la misère: Hirsch lance des "expérimentations" pour les jeunes

PARIS (AFP) — En réponse aux jeunes démunis, au centre de la Journée du Refus de la misère vendredi en France, Martin Hirsch a annoncé la création d'un "fonds d'expérimentations", d'un montant de 10 millions d'euros, pour répondre à leurs problèmes "de revenus, d'emploi et de formation".

Vendredi matin sur France-Info, M. Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, a affirmé qu'il allait "mettre de l'argent" dans un "fonds d'expérimentations" s'attaquant aux problèmes "de revenus, d'emploi et de formation" des jeunes.

Les jeunes sont "une catégorie particulièrement touchée, une catégorie un peu coincée parce qu'ils sont trop vieux pour les allocations familiales et un peu trop jeunes pour d'autres mesures" (comme le RMI notamment), a souligné M. Hirsch.

Il s'agit "d'avoir pour eux la même démarche celle que l'on a eu pour les adultes avec le revenu de solidarité active" (RSA), a-t-il expliqué, "donc commencer à pouvoir faire des programmes expérimentaux qui soient de véritables réponses à leurs besoins de revenus, d'emploi et de formation".

Interpellé dans l'après-midi par des jeunes réunis pour des Assises de la Jeunesse au Conseil économique et social (CES) "sur les moyens et les mesures" de ce dispositif, M. Hirsch a simplement indiqué qu'il allait lancer d'ici à fin novembre un appel à projets aux associations ou collectivités locales.

Sans donner plus de précisions sur ces expérimentations, le Haut commissaire a par la suite précisé à l'AFP que le montant du fonds s'élèvera à 10 millions d'euros.

Les quelque 600 jeunes réunis aux Assises du CES ont eux réclamé au gouvernement des mesures en faveur du logement, et des "moyens pour vivre autonomes".

Ils ont fait plusieurs propositions, comme la création d'un "chèque-formation", d'une "couverture universelle" pour la jeunesse, et la "mise en place d'une politique volontariste pour les 150.000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification".

Lancée en 1987 par le père Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart Monde, et devenue "mondiale" à partir de 1993, la Journée du refus de la misère, qui donne la parole aux personnes les plus démunies, intervient cette année placée en pleine crise financière, qui risque fort d'aggraver la pauvreté.

Avant même la tempête boursière, la montée du chômage et la crise du logement touchaient particulièrement les jeunes, a souligné l'association ATD Quart Monde. Elle risque d'aggraver leur situation...

Alors que la proportion de personnes pauvres en France - (revenu inférieur à 60% du revenu médian, soit 817 euros par mois) - s'élève à 12,1% de la population en 2006, chez les 18 à 25 ans, elle grimpe à 21% (chiffre 2006).

La part de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, a augmenté de 9% de 2003 à 2006 pour s'établir à 14,5%, selon les indicateurs de la pauvreté rendus publics à l'occasion de ce 17 octobre.

L'emploi des jeunes est un sujet "d'inquiétude" pour l'ensemble des pays de l'OCDE, selon une étude publiée en juillet, car "l'expérience montre que les possibilités qui s'offrent aux jeunes en termes d'emploi dépendent très largement de la conjoncture".

Trois jeunes sur dix dans les pays de l'OCDE travaillent à temps partiel, soit "bien plus" que les adultes, et un tiers des jeunes a un emploi temporaire, selon l'OCDE.