Périgueux: second tour périlleux pour Xavier Darcos

PERIGUEUX (AFP) — La partie s'annonce serrée à Périgueux pour le ministre de l'Education Xavier Darcos, maire sortant (UMP) en ballottage délicat face au socialiste Michel Moyrand qu'il avait éliminé, il y a sept ans, dès le premier tour avec près de 60% des voix.

A l'issue du scrutin dimanche soir, la liste de M. Darcos a été distancée d'une cinquantaine de voix, à 45,25%, par celle de M. Moyrand, vice président du conseil régional, qui a obtenu 45,70%.

"Je ne m'attendais pas de toute façon à un combat facile. Je me suis présenté justement parce que c'était difficile et que peut-être personne d'autre que moi ne pouvait relever ce pari", a déclaré M. Darcos, maire depuis 1997.

"Jacques Chirac m'a appelé et m'a dit +continue à rentrer dans toutes les boutiques, dis bonjour à tout le monde!+", a-t-il indiqué.

M. Moyrand, qui se félicite d'avoir devancé "le numéro quatre du gouvernement", insiste sur "l'absence" de M. Darcos durant son dernier mandat. "Et nous savons tous que le 17 mars au matin, il retournera à Paris assurer ses responsabilités de ministre, tandis que moi, je serai à Périgueux, à travailler pour Périgueux", assure-t-il.

Dès lundi, les deux candidats se sont tournés vers l'arbitre du second tour, Jean-Louis Demaret, qui avec sa liste divers droite baptisée "Ni droite ni gauche" créditée de 6% s'est retrouvé malgré lui au coeur des négociations pour une fusion éventuelle.

"Xavier Darcos, que j'ai vu pendant deux heures, a pris la décision d'une non-fusion. J'ai aussi parlé avec Michel Moyrand, et aucune fusion n'a été décidée. Je respecte ma logique de +ni droite ni gauche+", a déclaré M. Demaret, soulignant qu'il n'était "pas demandeur".

Ce dissident du MoDem, après l'accord conclu fin 2007 entre les dirigeants du parti démocrate en Dordogne et la liste de M. Darcos, ne donnera aucune consigne de vote, sans s'interdire pour autant d'aller "en citoyen" aux réunions de l'un ou l'autre des candidats, quand il aura "réfléchi".

Si pour M. Darcos la fusion n'était pas envisageable "avec quelqu'un qui a fait une campagne "ni droite ni gauche", le ministre relève que "tout de même, l'électorat de M. Demaret devrait être sensible à la présence sur ma liste de gens du MoDem".

Il aime à souligner que "la tradition veut qu'à Périgueux la gauche fasse le plein des voix au premier tour".

Face à la neutralité affichée du "troisième homme", les candidats comptent sur le soutien des poids lourds de leurs partis respectifs.

M. Moyrand accueillera jeudi lors d'une réunion publique le Premier secrétaire du PS François Hollande.

Le même jour, M. Darcos recevra le soutien du Premier ministre François Fillon et du maire de Bordeaux Alain Juppé, auréolé de sa victoire au premier tour. Le président du MoDem François Bayrou l'a aussi assuré de son soutien, a-t-il affirmé.