Le sort de 900 travailleurs sans papiers bientôt réglé, celui de milliers d'autres ouvert
PARIS (AFP) — Le sort de quelque 900 salariés sans papiers devrait être rapidement réglé mais la question de la régularisation de dizaines de milliers d'autres reste ouverte.
Environ 900 demandes de régularisation de salariés sans papiers doivent être déposées dans cinq préfectures d'Ile-de-France (Paris, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), a-t-on appris vendredi auprès du ministère de l'Immigration.
La CGT, qui a encadré depuis le début - le 15 avril - la grève de quelque 600 d'entre eux pour réclamer leur régularisation, s'est chargée de remettre au ministère et aux préfectures concernées une liste d'environ 900 noms. Le ministère a précisé que les 900 dossiers ne seraient pas forcément tous déposés vendredi soir mais dans les jours qui viennent étant donnée la difficulté de réunir les pièces nécessaires.
Selon Raymond Chauveau de la CGT Massy, sont joints aux dossiers des 600 grévistes ceux relevant de "trois autres cas de figure": les femmes travaillant dans l'aide à la personne, les salariés sans feuilles de paie mais qui peuvent établir des liens avec l'entreprise, et les salariés qui ont été licenciés depuis le décret de juillet 2007 qui fait obligation aux employeurs de vérifier les papiers de leurs salariés.
Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits Devant! - autre soutien des sans-papiers - prévient que "les choses vont être difficiles et qu'il n'y aura pas le même traitement des demandes selon les préfectures". En plus, a-t-il dit à l'AFP, "ça deale entre patrons et préfectures, certains patrons souhaitant se débarrasser de certains de leurs employés et préférant en garder d'autres...." Pour lui, "il est évident que les préfectures ne vont pas régulariser le millier de demandes qu'elles auront reçues".
En outre, le petit millier de salariés sans papiers dont la situation va être examinée rapidement ne représente que la partie immergée des dizaines de milliers d'autres travailleurs de l'ombre employés dans divers secteurs de l'économie, principalement restauration, hôtellerie, nettoyage et BTP. "Ce qui se trame dans la durée", remarque Jean-Claude Amara, "c'est un Grenelle de l'immigration", observant que toutes les grandes centrales syndicales - CGT, CFDT et FO - réclament maintenant une régularisation.
A l'instar du président de la Cimade Patrick Peugeot, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a réclamé une "réunion avec le gouvernement, le Premier ministre, les syndicats, les associations et les employeurs pour décider des règles de régularisation des sans-papiers". FO a aussi demandé "que les travailleurs immigrés embauchés illégalement puissent bénéficier d'une régularisation de leur situation dès qu'ils engagent une démarche en lien avec une organisation syndicale représentative".
Le président Sarkozy, comme l'avait fait quelques heures avant lui Brice Hortefeux, a martelé jeudi soir qu'il n'était pas question d'une régularisation globale des sans-papiers. "On ne devient pas français uniquement parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant", a-t-il déclaré faisant une confusion remarquée entre naturalisation et régularisation.
Ségolène Royal l'a du reste épinglé vendredi matin en remarquant: si "c'est volontaire, il a fait un amalgame pour capter son électorat traditionnel et c'est irresponsable".
Jean-Claude Amara a aussi jugé qu'il s'agissait d'"une confusion volontaire pour ne pas aborder de front la question de la régularisation des sans-papiers".

