Enquête préliminaire sur l'espionnage présumé de Besancenot par une officine
PARIS (AFP) — Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après la plainte contre X déposée mercredi par Olivier Besancenot qui aurait été "espionné" pendant plusieurs mois, selon L'Express.fr, par une officine privée de renseignement.
Entre octobre 2007 et janvier 2008, la vie du porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) "a été épiée, disséquée, mise en fiches par une officine de renseignement privée", affirmait lundi L'Express.fr, qui dit avoir eu connaissance d'un "rapport de surveillance" rédigé par cette officine, dont le nom n'est pas cité.
La riposte de M. Besancenot ne s'est pas faite attendre puisqu'il a déposé mercredi matin une plainte contre X pour "atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et violation du secret professionnel", a annoncé son avocat, Me Antoine Comte.
La plainte a été déposée auprès de la section "Presse et protection des libertés" du parquet de Paris.
Celui-ci a dans la foulée ouvert une enquête préliminaire pour identifier les auteurs et commanditaires de l'atteinte à la vie privée et vérifier s'ils ont bénéficié d'éventuelles complicités dans l'administration.
L'Express évoque notamment une "note confidentielle du 25 octobre (qui) résume les premières investigations" sur Olivier Besancenot mais aussi sa compagne. Cette note va jusqu'à mentionner "l'emplacement exact de l'appartement, dont la fiche cadastrale est annexée", du dirigeant trotskiste.
Il cite également un document "qui recense les numéros des comptes" bancaires de M. Besancenot et de sa compagne, ainsi que le détail de leur solde "au centime près". Des informations précises sur son véhicules figurent en outre dans ces documents, peut-être "obtenus grâce au fichier administratif des cartes grises", note l'hebdomadaire.
"La plainte pour +violation du secret professionnel+ vise d'éventuels complices dans les administrations dont auraient pu bénéficier" les commanditaires de cet espionnage, a expliqué Me Comte. Quant au chef d'"atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques", il concerne d'éventuels informateurs ayant eu accès aux comptes bancaires de M. Besancenot et de son entourage.
Le dirigeant trotskiste, qui prépare le lancement d'un nouveau parti anticapitaliste, avait exprimé lundi sur France 2 sa "surprise" et sa "révolte", dans l'attente qu'une enquête fasse "la lumière" sur ces agissements dont il a dit ignorer les commanditaires.
La LCR a de son côté dénoncé des "pratiques de barbouzes" susceptibles d'avoir bénéficié de "complicités bien placées".
Mettant en garde "ceux qui auraient pu commander ce type d'enquête d'un autre âge", Olivier Besancenot avait assuré que "les coups de pression, ça ne marchera pas".
Selon l'Express, l'affaire trouverait "son origine dans le contentieux opposant M. Besancenot à la société SMP Technologies, distributeur exclusif en France du pistolet à impulsion électrique Taser".
SMP a en effet attaqué en diffamation M. Besancenot, qui avait affirmé que le Taser avait causé la mort de 150 personnes aux Etats-Unis. L'audience est prévue en juin.
Dans un communiqué, SMP Technologies s'est inscrit lundi soir "en faux sur les termes de l'article paru sur le site internet de l'Express (...) selon lesquels elle serait à l'origine d'un espionnage de Monsieur Olivier Besancenot".

