Recherche Images Vidéos Maps Actualités Shopping Gmail Plus »
Historique Web | Connexion
Air France-KLM et Alitalia prolongent les discussions avec les syndicats

ROME (AFP) — Air France-KLM et Alitalia ont décidé de repousser au mercredi 2 avril la date limite des négociations avec les syndicats sur le projet de reprise de la compagnie italienne, selon un communiqué d'Alitalia publié lundi soir.

Selon ce communiqué les deux compagnies "sont convenues de repousser jusqu'au 2 avril prochain le terme préalablement fixé au 31 mars pour parvenir à un projet d'accord" sur le projet d'offre de reprise d'Alitalia par le groupe franco-hollandais.

La décision a été prise "à la fin de la journée de négociations menées conjointement (lundi) par Air-France-KLM, Fintecna, et Alitalia Servizi avec les organisations syndicales et les associations professionelles et qui a abouti à la décision commune de continuer la rencontre mardi 1er avril" précise le communiqué.

La réunion entre Air France-KLM et les neuf syndicats avait débuté dans un climat tendu puisque l'UIL a quitté la table des négociations, estimant que celles-ci ne devraient pas se dérouler avant les élections législatives des 13 et 14 avril et la création d'un nouveau gouvernement issu du vote.

Alitalia est au bord de la faillite et a demandé un prêt relais de 300 millions d'euros à l'Etat italien pour pouvoir tenir jusqu'à l'éventuelle recapitalisation promise par Air France-KLM.

Le conseil d'administration "m'a donné mandat de poursuivre la discussion avec les syndicats dans des délais contenus qui seront établis au fur et à mesure de l'avancée de la négociation", a dit le patron d'Alitalia lors de la réunion avec le président d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, et les syndicats.

"Nous avons aujourd'hui et demain pour voir si la base d'un accord est possible, j'en référerai au conseil d'administration et ensuite nous déciderons", a-t-il ajouté, selon des sources syndicales.

Ce lundi était la date-limite initialement fixée pour obtenir l'avis des syndicats sur le projet. Le feu vert des syndicats du transporteur italien est une condition fixée par Air France-KLM pour lancer son offre sur Alitalia.

De son côté, le secrétaire général de la section transport du syndicat UIL, Giuseppe Caronia, a indiqué avoir quitté les négociations après que M. Spinetta eut confirmé que le feu vert du nouveau gouvernement serait indispensable pour qu'Air France-KLM donne suite à son offre.

Il a aussi regretté l'atmosphère "empoisonnée" dans laquelle se déroulent ces discussions en raison de la campagne électorale, sur la chaîne Sky TG 24.

La décision d'abandonner la discussion a été critiquée par deux autres importants syndicats, la Filt-Cgil et la Fit Cisl, qui ont estimé important de continuer de négocier afin d'évaluer la proposition d'Air France-KLM "sur le fond".

La compagnie franco-néerlandaise a transmis vendredi une nouvelle proposition d'accord-cadre aux syndicats qui confirme 2.100 suppressions de postes.

Parmi les nouveautés du plan, Air France-KLM a proposé d'intégrer 4.191 des 7.400 salariés d'AZ Servizi, la branche maintenance et administration de la compagnie italienne, contre 3.300 dans sa proposition précédente.

Cette nouvelle proposition avait été mal accueillie vendredi par les syndicats, en particulier les pilotes qui s'insurgent contre la suppression prévue de 507 postes. Les différents syndicats estiment que cette nouvelle proposition doit être "une base de départ" pour négocier.

L'opposition de droite a porté le dossier Alitalia au centre de la campagne électorale pour les législatives des 13 et 14 avril, son leader Silvio Berlusconi réaffirmant lundi qu'il refuserait l'offre franco-néerlandaise et qu'il ferait appel aux investisseurs italiens pour reprendre la compagnie nationale.

Sa volonté de voir émerger une offre italienne ne s'est cependant pas concrétisée jusqu'à présent, la compagnie Air One, un temps candidate à la reprise, ayant depuis changé de stratégie pour se concentrer sur un renforcement de son offre commerciale.