Le porte-parole de "Sortir du nucléaire" en garde à vue

PARIS (AFP) — Le porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", Stéphane Lhomme, a été placé en garde à vue mardi dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST) où il avait été convoqué, selon des sources concordantes.

Stéphane Lhomme a été placé en garde à vue au siège de la DST à Levallois-Perret (Hauts de Seine), a indiqué une source policière, confirmant une déclaration à l'AFP du leader altermondialiste José Bové.

"La DST a informé sa compagne qu'il avait été placé en garde en vue dès 14h00", a indiqué à l'AFP José Bové. "On ne sait pas pour combien de temps", a-t-il ajouté.

M. Lhomme avait été convoqué dans le cadre de l'enquête sur le document classé "confidentiel défense", que s'était procuré "Sortir du nucléaire" et dont il ressortait que les réacteurs de type EPR n'étaient pas conçus pour résister au choc d'un avion de ligne.

José Bové et une cinquantaine de personnes dont le sénateur des Verts du Haut-Rhin, Jacques Muller, ont participé mardi en fin de matinée à un rassemblement de soutien à Stéphane Lhomme devant le siège de la DST à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

La convocation de Stéphane Lhomme et les menaces de sanction qui pèsent sur lui "sont absolument inacceptables", a estimé le sénateur Muller.

Un autre rassemblement de soutien à Stéphane Lhomme a par ailleurs eu lieu à Bordeaux avec la participation d'une quinzaine de militants antinucléaires, dont le frère de Stéphane Lhomme, Xavier, devant le commissariat central de Bordeaux.

Les manifestants ont déployé une banderole "sortir du nucléaire: c'est possible" sous le regard des policiers. Le rassemblement s'est déroulé dans le calme, avec notamment des membres de Tchernoblaye, l'association présidée par Stéphane Lhomme, selon son frère Xavier.

Une copie de ce document classé "confidentiel défense" avait été saisie le 16 mai 2006 lors d'une perquisition du domicile de Stéphane Lhomme.

Selon le réseau, simplement pour avoir détenu ce document, Stéphane Lhomme encourt cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Dès le lendemain de cette intervention, le 17 mai 2006, "Sortir du nucléaire" et d'autres associations avaient décidé de publier une copie numérisée de ce document sur leurs sites internet.

Un réacteur nucléaire de troisième génération EPR est en construction à Flamanville (Manche). L'EPR est développé par le groupe français Areva et exploité par Electricité de France (EDF).

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