HONG KONG (AFP) — L'Australie, les Etats-Unis, le Canada, l'ONU, l'Union européenne et plusieurs pays européens ont unanimement condamné vendredi l'attentat qui a visé l'ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto à Karachi, dans lequel au moins 130 personnes ont été tuées.
"Il est encore trop tôt pour en être certain, mais cela ressemble beaucoup à une action d'al-Qaïda", a déclaré le Premier ministre australien John Howard pour qui cet attentat "nous rappelle ce dont est capable al-Qaïda" ainsi que "l'importance de ne pas s'incliner face aux extrémistes, que ce soit en Irak ou en Aghanistan".
Selon M. Howard, fidèle allié des Etats-Unis, al-Qaïda a pu viser Mme Bhutto en raison de son soutien à la présence américaine en Irak et en Afghanistan.
"Les Etats-Unis condamnent l'attentat brutal commis au Pakistan et pleurent la mort d'innocents", a indiqué un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. "Les extrémistes ne réussiront pas à empêcher les Pakistanais de choisir leurs représentants à travers un processus démocratique et ouvert", a-t-il dit, faisant référence aux législatives de janvier.
Pour le département d'Etat, "les responsables (de l'attentat) veulent alimenter la peur et restreindre les libertés", a déclaré le porte-parole Tom Casey, notant que le président pakistanais Pervez Musharraf avait condamné l'attentat.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit "consterné" et a condamné "vivement cet attentat terroriste" tout en exprimant "sa confiance que les forces politiques oeuvreront ensemble pour renforcer l'unité nationale".
L'Union européenne a condamné "avec force" l'attaque terroriste, a déclaré la présidence portugaise de l'UE, soulignant que les victimes participaient "à un défilé pacifique dans les rues de Karachi".
"De tels actes mettent en danger le processus électoral", a estimé l'UE, qui "appelle les autorités pakistanaises et toutes les forces politiques du pays à faire de leur mieux pour garantir que les prochaines élections se préparent et se tiennent dans un climat propice à la libre expression de la volonté des électeurs".
Le président français Nicolas Sarkozy a condamné "l'attentat qui a visé Mme Benazir Bhutto et a occasionné de nombreuses victimes". M. Sarkozy a invité les autorités pakistanaises "à veiller à ce que le processus devant conduire aux élections législatives se déroule dans les meilleures conditions, en particulier en garantissant la sécurité des responsables politiques".
Le Canada a également condamné "de tels attentats dévastateurs (qui) frappent au coeur d'une nation et sapent les efforts entrepris par le gouvernement et le peuple du Pakistan pour bâtir une société juste et démocratique", a déclaré le chef de la diplomatie canadienne Maxime Bernier.
"Le Canada exhorte vivement toutes les parties à respecter la primauté du droit et à continuer d'instaurer les conditions nécessaires à des élections parlementaires libres et équitables", a-t-il ajouté.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband "consterné" a dit partager "le choc de la communauté pakistanaise au Royaume-Uni face à ces attentats effroyables".
"Je condamne absolument l'usage de la violence contre des gens totalement innocents et la tentative de supprimer le droit des Pakistanais à exprimer leur voix démocratique", a-t-il ajouté, avant d'affirmer la détermination du Royaume Uni "à travailler avec tous ceux qui sont engagés dans la construction d'un Pakistan pacifique et démocratique".
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