Saison de "brassages" au théâtre du Châtelet, avec Sting et Placido Domingo
PARIS (AFP) — Le Châtelet a annoncé mardi sa saison 2008-2009, qui comportera des productions musicales, lyriques et chorégraphiques en tous genres, avec Sting ou Placido Domingo, et sera fidèle aux idées de "surprises" et de "brassages" chères à son directeur Jean-Luc Choplin.
Parmi les événements de la saison du théâtre musical de Paris figurera en novembre le passage du disque à la scène de "Welcome to the Voice", un opéra à la frontière du rock et du lyrique avec les Anglais Sting et Elvis Costello.
En juin, le Châtelet créera "Pastorale" du compositeur contemporain Gérard Pesson, dans une mise en scène du vidéaste burlesque Pierrick Sorin, avec la participation de "plusieurs nouvelles stars de la variété" dont l'identité n'a pas encore été divulguée.
"Je travaille à rendre floues les frontières, les barrières entre les choses, en essayant de réserver des surprises. Vive le brassage dans tous les sens, le brassage artistique mais aussi celui des publics !", déclare Jean-Luc Choplin en amont de sa troisième saison.
Après le cinquantenaire de "Candide" en 2006-2007 et celui de "West Side Story" la saison suivante, le Châtelet poursuivra son hommage à Leonard Bernstein avec la première française, pour les fêtes de fin d'année, d'"On the Town", la première comédie musicale signée par le tandem formé par le compositeur américain et son compatriote chorégraphe Jerome Robbins.
Oeuvre de jeunesse de Wagner, "Les Fées" sont annoncées en "création scénique en France" au printemps sous la baguette de Marc Minkowski et dans une mise en scène de l'Espagnol Emilio Sagi, avec un rideau d'avant-scène illustré par Gérard Rancinan, photographe très en vue.
Après avoir dirigé en fosse en juillet prochain l'adaptation scénique de "La Mouche" de Cronenberg, le ténor espagnol Placido Domingo campera sur scène en mai l'un de ses rôles fétiches, "Cyrano de Bergerac" de Franco Alfano, en compagnie de la Roxane de la soprano française Nathalie Manfrino.
Autre fidèle, le chef baroque Jean-Christophe Spinosi règlera en janvier des "Vêpres de la vierge" de Monteverdi "mises en abîme", selon les mots de Jean-Luc Choplin, par le plasticien russe Oleg Kulik. En juin, le Châtelet résonnera des bruits de tambours japonais en juin avec la troupe de Kodo.
La saison s'ouvrira sur la comédie musicale "Tanguera", une "histoire d'amour et de mort" à Buenos Aires. La danse sera d'ailleurs fortement représentée avec à l'automne la première venue à Paris depuis 1965 de l'Australian Ballet et une pièce féerique du Britannique Matthew Bourne d'après "Edward aux mains d'argent" de Tim Burton, la visite en avril de la Martha Graham Dance Company et celle des virils Ballets Trockadero de Monte-Carlo puis le séjour en juillet, pour ses 50 ans, de l'Alvin Ailey American Dance Theater.
Le tout avec un budget stable d'un peu moins de 30 millions d'euros (dont 18 M EUR apportés par la ville de Paris) qui fait du Théâtre de Châtelet la deuxième institution lyrique de la capitale derrière l'Opéra de Paris.
"La mue du Châtelet est terminée: nous parions sur un grand renouvellement de styles tout en étant fidèles à l'esprit féérique, spectaculaire et international du lieu", se réjouit Jean-Luc Choplin, qui se félicite d'avoir fait passer la fréquentation du théâtre de 180.000 spectateurs par saison, du temps où c'était une maison d'opéra "classique", à 300.000 aujourd'hui.

