Chiffres du chômage: les syndicats sceptiques

PARIS (AFP) — Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a estimé vendredi sur RMC et BFM-TV que la baisse du chômage était "une baisse en trompe-l'oeil", avec "une forte augmentation de la précarité".

"Il y a une forte augmentation de la précarité, c'est une baisse en trompe-l'oeil", a souligné M. Mailly, interrogé sur la baisse du taux de chômage de la fin de l'année 2007.

Cette baisse "correspond à des contrats précaires, à du temps partiel et notamment dans les services à la personne, qui sont des contrats ultra-précaires", a-t-il affirmé, soulignant que c'était bien le gouvernement qui avait "favorisé les services à la personne, donc les contrats précaires".

Interrogé sur les retraites, le secrétaire général de FO a souligné qu'il y avait "des possibilités" pour les financer, notamment en augmentant d'un point la masse salariale, ce qui entraînerait selon lui "620 millions d'euros pour la caisse vieillesse du régime général".

"On peut financer les retraites: un point d'augmentation de la masse salariale, c'est pas énorme, et rien que pour la caisse vieillesse du régime général, c'est 620 millions d'euros de recette supplémentaire", a-t-il assuré.

Il a également proposé de "taxer à 3%" les profits importants qui sont réalisés notamment par les grandes entreprises du CAC 40, et qui ne sont pas réinvestis.

Selon lui, "il y a 100 milliards d'euros qui ne sont pas réinvestis".

"Si on prend l'analyse de la Cour des comptes, et que l'on met de la cotisation sur l'intéressement, la participation, les stock-options, on peut trouver 3 milliards d'euros de recette supplémentaire", a-t-il ajouté.

"Donc il y a des possibilités de financer, mais c'est un choix politique", a-t-il conclu.

Quant à l'idée d'augmenter les cotisations de retraite, M. Mailly a estimé que c'était "un des leviers, il ne faut pas l'exclure", mais que "le passage à 41 ans n'apporterait pas grand chose financièrement".

De son côté, la CGT estime vendredi que les chiffres du chômage au quatrième trimestre 2007, affichés en nette baisse "à quelques jours d'une échéance électorale majeure", "ne dupent personne", soulignant la progression du sous-emploi, des contrats courts et du temps partiel.

Alors que la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde a salué jeudi le "meilleur taux depuis 1983" (7,5% en métropole, 7,8% avec les DOM), la CGT observe dans un communiqué que "les modes de calcul ont évolué ces 25 dernières années".

Elle fait aussi valoir que des chiffres plus récents, publiés par l'ANPE, "viennent contredire l'optimisme forcé de Christine Lagarde", en montrant une "forte hausse" (13.200 chômeurs de plus, +0,7% comparé à décembre) des chômeurs inscrits à l'ANPE.

La CGT insiste aussi sur des données de l'Insee "moins flatteuses pour le gouvernement", comme le taux de sous-emploi au sens du Bureau international du travail, à savoir les personnes ayant un emploi à temps partiel et souhaitant travailler plus.

"Ce taux, qui s'établit à 5,6% des personnes ayant un emploi, représente 1.444.000 personnes, en hausse de près d'un point par rapport à 2003", rappelle le communiqué.

La confédération note également que "sept embauches sur dix sont le fait de CDD et que l'amélioration du marché de l'emploi recouvre une forte progression des contrats courts et à temps partiel".

Or, "le gouvernement entend accroître la pression sur les chômeurs pour qu'ils acceptent n'importe quelle offre et se satisfassent d'emplois au rabais" avec la fusion Anpe-Assedic, selon son communiqué.

De son côté, la CGT juge nécessaire de "sécuriser les parcours professionnels de chacun" et revendique "un droit à l'indemnisation pour tous les demandeurs d'emploi".