PARIS (AFP) — Sonnés par leurs revers électoraux et tancés par les militants, les Verts ont engagé dimanche un processus de réforme visant à les rendre plus efficaces et plus lisibles avant les municipales, leur scrutin fétiche.
Réunis en conseil national inter-régional (CNIR, parlement du parti) à Paris, ils ont voté à la quasi-unanimité, lors d'une séance à huis-clos, le principe et les grands axes d'une réforme de fonctionnement. Réforme qu'ils veulent mener rapidement après deux élections ratées (1,57% à la présidentielle, quatre députés) et avec les municipales en vue.
Lors de leur création il y a 23 ans, les Verts se sont donné des statuts fondés sur le respect de la décentralisation et des principes de démocratie, parité et proportionnalité. Au détriment de l'efficacité et de la clarté décisionnelle.
Le thème de la réforme avait occupé, pendant les Journées d'été de Quimper, pas moins de deux plénières et quatre ateliers. Les adhérents y avaient applaudi un écologiste belge qui assurait que son parti passait "un quart du temps sur l'interne, et trois quarts sur l'externe". "Nous c'est l'inverse", glissait alors un militant.
"On a l'obligation d'aboutir, de ne pas laisser se perpétuer une situation délétère qui rend nos votes incompréhensibles de l'extérieur", a commenté un membre du CNIR. Certains ont cependant manifesté de fortes réticences, défendant un simple "toilettage" au nom du respect des minorités.
"La démocratie n'est pas le contraire de l'efficacité", a noté Dominique Voynet, ex-candidate à la présidentielle, plaidant pour le respect de la proportionnelle au CNIR et pour un exécutif fort.
Le Conseil a défini les grands thèmes de réforme à débattre, notamment la règle qui veut que les votes du CNIR soient acquis par 50% des votants (abstentions incluses) et 60% des exprimés, ce qui permet à une coalition de minoritaires de bloquer un vote acquis à la majorité. D'autres ont vanté le système au nom de l'indispensable consensus.
Ils aborderont également la régulation du rôle des courants, porte obligée pour toute désignation sur une liste, alors que 50% des Verts n'appartiennent à aucune sensibilité.
La direction (15 membres) pourrait être plus resserrée et une place accordée dans les instances aux "grands élus" -à qui on reproche souvent leur expression autonome dans les médias- avec création d'un "bureau national" auquel ils pourraient participer.
Tout en reconnaissant que "rien n'est acquis", Mireille Ferri, secrétaire nationale adjointe en charge de la réforme, a estimé que les Verts étaient "obligés de réussir", faute de quoi ils échoueraient aux municipales, leur scrutin-phare.
"Si l'on ne change pas la règle du vote à 60% et si les parlementaires ne sont pas associés, ce sera une réforme cosmétique", a estimé Mme Voynet.
Mais pour Patrick Farbiaz (gauche des Verts) "changer de statuts ne sert à rien". "Derrière cette question avancent masqués ceux qui veulent droitiser le parti et en finir avec les gauchistes".
Différentes propositions de réforme seront soumises au vote du prochain CNIR, fin novembre. Le texte voté sera ensuite soumis à un référendum interne en décembre.
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